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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 14:26

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Ce soir, la lourdeur de l’atmosphère imprégnait la rue d’une chaleur malsaine : on sentait comme quelque chose de mauvais dans l’air, qui allait sans doute s’installer pour longtemps dans ce quartier pourtant si paisible. Chacun était rentré chez soi, on voyait les lumières chaleureuses dans les chaumières qui laissaient entrevoir ce bonheur apparent si important aux yeux de la société d’aujourd’hui, ou les apparences sont le lot essentiel de chaque être humain de cette planète. De New York au fin fond du Niger, on s’attachait à les sauver, à les faire paraître plus utopiques que la plus absurde des réalités.

Il était 20 heures 47 à toutes les montres et à tous les réveils de la rue. Seule une maison dormait encore, ou semblait comme morte. Dans cette maison, il y avait tout d’abord un porche. Un porche assez grand pour y installer un porte manteau et y entreposer une veste longue et noire, ainsi qu’un petit chapeau feutre pour la ville et la vie de tous les jours. Quand on regardait au-delà de ce porche et de ce porte manteau, on pouvait y voir un salon plongé dans la pénombre. Un minibar ou les bouteilles étaient vidées depuis longtemps mais semblaient pleines. Pleines d’eau du robinet tout ce qu’il y avait de plus ordinaires, sans doute.

A côté du minibar, il y avait une sorte de bibliothèque, avec des livres de tous genres, surtout des bouquins aux auteurs obscurs portant des noms peu communs comme « Phobies et angoisses » ou « Traitement des peurs inavouées ». Deux étagères complètes de volumes reliés, auxquels venaient s’ajouter des bibelots et objets divers qui séjournaient dans une vitrine qui devenait de moins en moins nette au fur et à mesure des jours qui passaient tandis qu’on ne pensait guère à la nettoyer. Une table basse ornait le centre de la pièce, avec un vieil étui à lunettes posé dessus, qui devait certainement servir à lire la revue « Science et Comportement » posée juste à côté. L’individu qui vivait ici devait certainement la feuilleter de temps en temps sur ce petit canapé 2 places en cuir beige qui commençait à accuser lui aussi le poids des ans.

Derrière le canapé, une commode à tiroir qui servait à ranger les papiers, les factures ou même les réflexions personnelles. Un salon tout ce qu’il y avait de plus banal. Lorsqu’on avait du temps à perdre ou qu’on désirait s’aventurer un peu plus loin dans l’intimité du propriétaire de l’appartement, on allait voir sa cuisine. Un frigo assez ancien, des placards presque vides de toute denrée alimentaire, mais ou sans doute logeaient quelques cafards bien planqués. Bref, rien de bien transcendants. Pour en apprendre plus, il fallait monter l’escalier et se rendre au premier étage. Là, la première pièce sur votre gauche n’était autre qu’une salle de bain. Une salle de bain nette, propre, presque l’œuvre d’un maniaque, qui contrastait aisément avec l’état du rez-de-chaussée. Il y avait des produits à douche, des shampoings, et sur une petite étagère au dessus du robinet, un bâton graisseux pour tout déodorant, un parfum bon marché encore dans son étui en carton, divers produits pour le soin du visage et un de ces anciens peignes noirs en plastiques qui ne coûtent presque rien dans les bacs des magasins « fourre-tout ».

L’atmosphère de la pièce sentait encore le gel douche à l’amande douce, et le froid qui transpirait par la fenêtre ouverte laissait entrevoir la dureté de la nuit qui s’annonçait. Soudain, sans crier gare, le bruit caractéristique des gouttes d’eau se collant au sol se fit entendre, de plus en plus fort, jusqu'à former une pluie d’orage. Le premier éclair se fit entrevoir. Une, deux, trois secondes… Il n’était pas si loin que ça mais assez tout de même. Lorsqu’on quitte la salle de bain et qu’on se dirige vers la première chambre, une sensation de chaud nous envahit : le chauffage est encore allumé, même à cette époque de l’année.

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La porte de la chambre est ouverte. C’est une chambre d’enfant. Mais pas d’enfant moderne, celle d’un enfant qui aurait maintenant une bonne trentaine d’années. Des vieux jouets qui jonchent encore le sol, un lit fait au carré, un bureau vide, une petit écran télé à tube cathodique qui accusait de son ancienneté. Tout paraissait comme vieux, démodé, donnant à cette pièce une étrangeté morbide, comme si l’enfant qui habitait autrefois dans cette chambre et y passait le plus clair de son temps était toujours ici, en train de jouer ou de chanter en silence, attendant patiemment le retour de ses parents qui s’était absentés quelques heures pour aller remplir le frigo vide au centre commercial. Sur la porte, il y avait des lettres assemblées qui formaient le prénom « Danny », comme la mode le voulait.

En face de la chambre de Danny, il y avait un cabinet de toilettes. Alors c’était de là que venait cette puanteur infecte. On sentait ce mélange de merde et de vomi depuis le porche d’en bas. Quand à savoir depuis quand il était là, personne n’aurait cherché à savoir sous peine d’y laisser aussi une quelconque trace… Mais les résidus étaient encore collés à la cuvette, et tirer la chasse n’y ferait visiblement pas grand-chose. On s’y serait sûrement habitué après plusieurs jours. Mais pas maintenant que cette infection putride faisait danser ses immondices dans nos narines en nous narguant de tout le poids de son vice.

Enfin, il restait la chambre du fond, assurément celle des parents. Là, il y avait la lampe allumée sur la table de nuit, le réveil aux signes rouges qui affichait l’heure tardive, un lit défait et un corps qui s’étendait là, sur les couvertures, et poussait de petits  gémissements. Il était assez vieux, environ 70 ans, et paraissait fortement diminué. C’est ce moment là que choisit l’individu qui avait pénétré dans la maison pour sortir le révolver de sa poche et administrer au Dr Harlan une seule mais fatale balle en pleine tête. Celui-ci, encore dans les vappes, ne se sentit même pas mourir. Et l’éclair qu’émit l’arme avant que la balle ne perfore son cerveau alla se noyer dans les dizaines d’autres éclairs foudroyants qui tombaient du ciel en ce soir d’orage.

Il referma la porte de la chambre, redescendit une à une les marches de l’escalier jusqu'à ouvrir la p était entré, laissant son fardeau derrière lui, ne sentant plus aucun poids, même pas celui de la culpabilité, peser sur ses épaules. Il avait brillement triomphé, et vaincu sa plus grande peur, qui s’était avéré être également pendant toutes ces effroyables années, sa plus grande faiblesse. Et dans la froideur et l'humidité d'une nuit banale et pourtant si particulière pour celui qui avait su en tirer profit, il s'évanouit tel un esprit que l'on rappelle vers le royaume lointain de l'éternelle jeunesse et de l'oubli. 

Ce soir là, le jeune Danny, 37 venait de tuer son père

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Published by Rom - dans ImaginaRom
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:0014:dom 05/06/2011 05:56


Coucou rapide.
Bon dimanche !
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