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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 19:43

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Elle est ici, avec lui. Elle marche, le long de ce corridor d’une blancheur plus ténébreuse que le plus vicié de ses penchants. Il voit la pâleur de ses membres tremblants, la froideur de ses jambes amincies, son corps tout entier qui se déplace en ne formant qu’un seul mélange homogène. Ses bras qui restent étrangement statiques le long de son corps fin et gracieux. Elle marche, pas après pas, le long de ce couloir qui lui semble sans fin. Et dans un geste fou, il croise son regard. Ses yeux d’un pourpre maléfique qui semblent chercher toute trace du mal sur cette terre, en cet instant suspendu ou plus rien n’est réel sauf cette odeur de vice et de semence usée. Il n’est plus qu’a quelques mètres d’elle, au moment ou elle s’arrête net. Il ne comprend pas d’où vient cette étrange sensation de flottement, comme si tout venait soudain de s’arrêter net, vers on ne sait quelle absence, sombrant dans l’oubli comme l’ensemble de sa vie jusqu'à présent.

Et le sang vient. Il est abondant, des litres et des litres, comme une inondation prédatrice, une eau rouge et solide qui s’apprête à envahir chaque pore de leurs peaux. Il gagne chaque seconde de l’avance sur les questions qu’ils se posent, comme la folie qui les consument. Dans les abysses de leurs fantasmes inavoués, ils croient que leurs destins vont encore se croiser, dès que viendra le nouveau jour. Mais aucun jour ne viendra, la nuit est bien plus forte et prédatrice que la lumière d’un astre plus divin que scientifique. Tout fini par mourir un jour, et rien ne renaît. Rien excepté cet espoir, qui vous tiraille à chaque instant de doute, celui que rien ne sera plus jamais comme avant, que les choses qui ne s’arrangeront pas s’enfouiront elle-même dans les sombres profondeurs de votre mémoire. Il entend le son d’une flûte. Son chant aigu sonne comme celui du souffle d’une plume dans le vent, porté par on ne sait quel message vers on ne sait quelle contrée.

Pas d’espoir, juste une envie que le temps reprenne à nouveau son cours, que le sang revienne couler dans leurs veines, et qu’ils ressentent encore sa chaleur lorsqu’ils s’arracheraient la peau pour le déguster, ne considérant plus rien que son goût métallique dans le fond de leur gorge, le renouvellement prodiguant à leur corps une jeunesse qu’ils ne se seraient jamais crus capables de retrouver. Tout devient rouge, le sang circule à nouveau en eux, et pendant quelques secondes, il lui semble que la force du choc provoqué par la vague l’a mené jusqu'à lui et que leurs lèvres se sont touchées. Mais cela ne dure qu’un vulgaire battement de cil, jusqu'à ce que leur cils, comme leur cœur, s’arrête soudain de battre. La folie est douce lorsque ses bras vous enlacent, elle vous fait toucher tout ce que vous vouliez avoir depuis toujours. Vous entendez son chant, comme une chaumière allumée par une froide soirée d’un Noël rude, qui vous fait encore croire qu’il y a du bon dans ce monde. Jusqu'à ce que vous rentriez dans cette maison, aussi vide de lumière que de sens, aussi vide que votre cœur asséché par le froid qui s’est infiltré dans vos poumons. Jusqu'à ce qu’elle vous laisse là, mourant, sans aucun ami autour de vous pour vous consoler.

Alors vous vous mettez à rire, rire jusqu'à ce que vous ne puissiez plus respirer, que les muscles de votre ventre vous fassent prendre conscience de manière physique ce mal intérieur. Alors vient l’espoir. Votre rire cesse, vous vous remettez de vos émotions déviantes et vos jambes vous portent à nouveau vers une autre maison, dont vous ne savez rien, même pas l’endroit ou elle serait sensée se trouver. Et vous marchez à nouveau, découvrant les joies du monde comme un nouveau né, vous croyez qu’une nouvelle chance s’offre à vous.

Votre champ de vision s’élargit, et votre mémoire commence à se mettre en place. Vous vous souvenez du pourquoi de votre venue, et vous priez pour qu’un jour nouveau vienne. Mais ne reste toujours que la nuit. Lorsque cette nuit vous assaille, aucune lumière blanche au bout d’un tunnel, juste un corridor sombre et puant avec les êtres auxquels vos avez fait du mal qui veulent vous rejoindre, tandis que quelque chose d’aussi soudain qu’un battement de cils les en empêche. Il y a toujours un élément matériel pour vous rappeler à la réalité. Une sonnerie, que ce soit celle d’un réveil ou d’un portable, une musique qui passe à la radio, préprogrammée et dont vous vous rappelez, une voix que vous rêviez ou pas d’entendre, et qui appelle votre nom. Mais lorsque vous sentez ce dégoût dans votre bouche, de tout ce dont vous vous êtes empiffrés la veille et qui vous assaille dans cet élan putride, vous vous dites alors que la folie vous aurait surement mieux traité. Et que l’individu que vous semblez être n’est seulement qu’a un dixième de ses capacités, qu’il pourrait très bien se libérer par une manifestation de sentiments que personne n’aimerait avoir à subir.

C’est alors que vous prenez conscience que rien ne vaut d’être seul, pour ne faire de mal à personne d’autre qu’a vous-même. Que c’est une épreuve que vous devez vous infliger. Et les peurs ressurgissent, telles qu’elles ont toujours été, un monstre caché sous votre lit, votre alter-ego qui se met à vous dévisager dans le miroir de votre salle de bain. Et votre psychose grandit, vos hurlement font état de ce que vous croyez être un sentiment viscéral, un mal-être ambiant. Mais rien de tout cela n’est réel, votre esprit vous dupe, la sérotonine de vos peurs les plus intimes et les plus cachées vous murmure des choses à l’oreille, des choses que vous vouliez inconsciemment entendre, et l’expression avoir une araignée au plafond fait soudain sens. Elle est là, sur votre épaule, qui vous regarde de ses huit petits yeux luisants, qui jubile d’être le fruit de vos plus grandes angoisses. C’est de cela que j’ai le plus peur, ce que je redoute, ce qui me fait me réveiller la nuit et me ronger les ongles jusqu’au sang. J’ai peur de la peur elle-même. Et vous, quelle est votre plus grande phobie ? 

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Published by Rom - dans ImaginaRom
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commentaires

alainlerigolo 03/06/2011 21:53


Le com précédent c'est le mien! Erreur de pseudo (celui de ma femme)!


cricri39000 03/06/2011 21:52


Tears for fears!


Rom 03/06/2011 21:55



Merci pour ce double commentaire, en espérant que l'histoire t'aura plu ! ^^



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