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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:39


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Peter

La maison était silencieuse. Au dehors, les lourds flocons tombaient et venaient s’écraser sur les reliefs de la rue paisible. Ils étaient autant d’yeux du ciel braqué sur des êtres insignifiants, un matin d’hiver comme un autre dans le silence de la solitude familiale. Aussi chaleureuse dans le cœur qu’elle était froide au contact des doigts. Précieuse comme les ailes d’un ange, mais glaciale et traitresse dans la froideur indécise d’un hiver rude. Ce matin là, pourtant, le jeune Peter se réveilla plus dynamique et impatient que jamais : c’est bien que le jour était spécial.


Unique, excepté les 364 autres jours qui venaient de se dérouler. Il s’élança à la fenêtre pour voir le paysage recouvert, et s’imaginait, plein de désirs enfantins, ce qu’il allait bien pouvoir faire de cette journée. Les tourbillons des flocons laissaient entrevoir la danse que se livrer les courants d’air des nuages, tout la haut, la lutte permanente en haut des cieux pour imposer son manteau de froideur. Ce qui étonnait pourtant Peter, c’était le fait qu’il était le seul à y avoir pensé. Il n’y avait absolument aucun enfant dans la rue. D’habitude, il y avait toujours un avant-gardiste qui refusait d’attendre et de faire comme les autres, passait par la fenêtre de sa chambre et s’en aller gambader dans la rue, courant et faisant passer la symphonie neigeuse pour une tempête meurtrière.


Mais ce matin là, la rue était plus vide que d’habitude, ce qui paraissait inquiétant. En y repensant, ses sens ne s’étaient pas éveillés à l’odeur du pain grillé et du petit déjeuner qui l’attendait sûrement en bas, comme chaque année, en famille. C’était tellement rare d’avoir un véritable déjeuner. Certains étaient pressés, d’autres allaient travailler pendant qu’il allait se coucher. Tout ce petit monde se côtoyait chaque jour, mais ne semblait pas se voir. Cet étrange climat changeait radicalement le  25 décembre au matin. ON savait que le matin comme la journée entière allaient être un vrai festin. Mais rien ne laissait indiquer que cela allait être le cas aujourd’hui. Peter enfila un pantalon et un t-shirt à la hâte, et descendit les 12 marches qui le séparaient de la cuisine animée.


Lorsqu’il passa la porte, il fut toujours plus surpris d’y voir le vide et le silence. Les décorations de Noël avaient été retirées, plus de sapin, plus de boules lumineuses et brillantes ni de guirlandes emmurées dans les branches comme si elles en faisaient partie. Est-ce que tout cela était un rêve, et allait-il bientôt y mettre un terme ? Il décida d’explorer un peu plus les environs. Si c’était un songe, au moins souhaitait-il le déchiffrer et en comprendre la signification. Le salon, habituellement habité par ses deux jeunes sœurs qui regardaient la télé en attendant, passives, la distribution des cadeaux, était désormais plus silencieux encore que le souffle des flocons à travers la cheminée de la cuisine. Mais étrangement, le sentiment qui s’en dégageait était beaucoup moins rassurant. Il appela plusieurs fois leurs noms.


Mais comme il s’y attendait un peu, personne ne daigna répondre à ses supplications. Il se décida à sortir par la porte d’entrée, non sans enfiler un manteau au préalable, en le décrochant du vestiaire. Au fur et à mesure que ses doutes et son inquiétude s’épaississaient, une étrange brume glaciale se décidait à faire son apparition. Elle lui donnait des frissons à s’en glacer les os, et une incertitude qui demeurait croissante. Il n’alla pas bien loin, n’ayant remarqué aucune trace de pas dans la neige témoin de leur départ momentané. Ses battements de cœur vacillèrent un instant, en s’imaginant ce qu’il avait bien pu leur arriver.


L’horizon n’était désormais plus visible, et le blanc se confondait avec le gris clair, cachant définitivement la ligne d’horizon. On se serait cru dans un tableau abstrait, sans rupture, une longue et large ligne d’univers continue. Lorsque la brume rendit le tout quasiment invisible, Peter se résigna à rentrer et à attendre. Rien sans doute n’aurait pu lui paraître plus inutile. Il s'imaginait les néons lumineux et les magasins remplis de magnifiques présents innacessible. L'odeur délicieuse de la fumée hivernale qui sortait des cheminées, melée à l'humidité de l'air neigeux. Il sentait encore le délicieux poulet grillé à point sortant du four, et revoyait le désir dans ses yeux à l'idée d'en dévorer un bon morceau. Et puis il se souvint. 

 

R.B

 

http://buettnerdavid.de/4_Tyrol-Austria%20Winter/2_Fog/13_and%20even%20more%20fog%20coming.jpg

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Published by Rom - dans ImaginaRom
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commentaires

FAN 04/12/2011 11:35


 J'espère que la suite ne sera pas
aussi triste!!Pauvre Peter!! BISOUS FAN

josiane 01/12/2011 19:44


Suis un peu inquiète pour la suite! de quoi se ronger les ongles dans l'attente!!!!!!!!

Rom 09/12/2011 13:02



ne t'inquiètes pas, ça va bien se passer ! le mot clef reste espoir donc... ^^



Sékateur 01/12/2011 19:41


Je trouve la photo (sublime) très bien adaptée au texte...

Rom 09/12/2011 13:02



Hé hé merci ! désolé pour la réponse tardive, gros problème internet. 



louv'opale 01/12/2011 18:52


J'ai un peu peur de la suite....

Rom 01/12/2011 19:02



Ne t'inquiètes pas. J'ai dit pas de baisse-moral ! :)



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