Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:03

Vous avez faim de mystère ? Ca tombe bien, eux aussi. Qui ça ? Mais les héros d'"Ombres et lumière", bien sûr. Et aujourd"hui, ils vont être confrontés à une inconcevable vérité. Je vous laisse la découvrir ! 

 

http://1.bp.blogspot.com/-Vldo5Ci4QdM/TdHoxmTQ0uI/AAAAAAAAAYw/M_b6EM7_0J4/s1600/Poe_and_Phillips_by_raulman.jpg

 

 

Le vent frais et humide d’un matin naissant soufflait déjà sur les herbes hautes alentour. Beaucoup de personnes étaient montées dans le train. Dans le silence le plus total, elles s’étaient dirigées bien naturellement vers ce qui paraissait maintenant être leur havre de paix éternel. A la plus haute heure de la nuit, ils auraient ressemblé à des démons luminescents, ou des êtres de lumière déchus de leurs rangs divins qui seraient venus s’échouer dans le monde comme on vient y mourir. La folie de leurs guenilles avaient d’abord sauté aux yeux des trois adolescents clandestins, mais il n’avait fallu que quelques instants pour découvrir qu’il n’avait pas grand chose d’étranger. Ils s’étaient réfugiés dans le wagon du fond, éclairé et dans lequel on entendait désormais cris, rires et hurlements en tous genres. Tout le monde semblait célébrer une fête quelconque, une procession étrange qui se serait terminé par un immense banquet. William avait décidé d’en avoir le cœur net. Ensembles, ils avaient franchi l’infranchissable. Ils voyaient désormais un spectacle étrange. A la lumière d’une lampe qui pendait au plafond comme une poupée démembrée, il y avait une table. Une table comme toutes les autres, bien sûr. Autour de cette table, il y avait des individus assis en rond, sur des chaises en bois qui semblaient déjà trop vieilles pour les porter. Et ces individus avaient quelque chose d’étrange, sans que William ne sache dire quoi au premier abord. Tout autour de la table, dans la pièce qui s’étendait comme un couloir vers un infini accessible, il y avait d’autres personnes. Certaines étaient assises contre les murs du wagon, d’autres discutaient joyeusement debout autour d’un verre d’on ne savait quel breuvage, gazeux et semblait-il phosphorescent. C’est Bob qui eut le premier l’illumination qui servirait à tout les autres pour faire l’inconcevable constat.

 


  - Regardez, là, le type qui tient les dés dans sa main, à gauche, accoudé à la table ! chuchota t’il, apparemment stupéfait.

 -       Eh bien, quoi ? Qu’est ce qu’il a, ce type ? fit William d’un air dédaigneux.

 -       Mais… c’est… tu ne le reconnais pas ? Soit c’est un sosie beaucoup trop ressemblant, soit…

 


Ils détaillèrent tous ce corps long et filiforme, presque longiligne. Ce costume sur mesure, d’un noir pénétrant, cette chemise blanche presque hypnotique, cette cravate sombre, d’un noir de jais. Ce long coup qui semblait descendre au lieu de monter jusqu'à un visage ovale et tout en longueur. Un nez pointu et presque diabolique, une minuscule bouche qui se formait par des lèvres discrètes et qui partaient dans un sens, puis dans l’autre. Ces yeux étrangement grands cachés derrière ces lunettes opaques d’un autre temps, d’un autre siècle plus clément que celui du temps présent. Cette voix très douce, inoffensive et presque féminine, qui murmurait ce que les autres semblaient éructer. Ces oreilles pointues et verticales comme le reste de son visage, et ce fin filet de cheveux coiffés en raie sur le côté, qui avaient presque l’air d’appartenir à quelqu’un d’autre. Il n’y avait pas de doute possible. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il semblait bien que ce soit lui.

 

 

-       C’est Lovecraft ! dit Bob, abasourdi.

 -       Quoi Lovecraft… L’écrivain ? Le Lovecraft des Montagnes Hallucinées ? Tu délires !

 -       Mais il est mort, non ? dit innocemment Max.

 -       Evidemment, crétin. Il est mort dans les années 30.

 -       Le 15 mars 1937 très exactement. Et pourtant, regardez bien ! Il semble là, à quelques mètres de nous.

 -       C’est une personne qui s’est sans doute déguisée en lui.

 -       Non, il n’y a pas de doute possible. Même le meilleur des déguisements ne ressemble pas autant au vrai ! Cet homme est bien Howard Phillips Lovecraft, dut se résoudre à dire Bob. Et là, presque à côté de lui, regardez ! Mais regardez donc !

 


Et ils regardèrent. Leurs yeux s’agrandirent à une vitesse folle tandis qu’ils détaillaient ce nouvel individu, dont le corps semblait auréolé de mystère et de prestigieux. Ils reconnurent ces cheveux fous, qui descendaient longuement jusqu’au cou et semblaient vouloir descendre encore. Ils l’avait vus dans les livres de la bibliothèque de Pennytown, ils avaient étudié ses mots à l’école où ils allaient depuis leur enfance. Cette moustache fraichement taillée par un barbier à la mode. Ces sourcils larges et broussailleux mais sans hauteur, qui lui donnaient un front proéminent. Ces yeux torturés et cernés par on ne savait quel démon de l’au delà. Cette écharpe blanche et presque poussiéreuse, qui cachait un coup fin. Ces petits bras maigrelets et cette tunique unie et sombre qu’il n’enlevait presque jamais lors des sorties officielles. Il était tel que ce que son portrait avait fait de lui : un être poétique, mélancolique, sombre et hanté par des amours perdus. L’être au corbeau fantôme, qui semblait être en permanence être posé sur son dos comme un message de mauvais augure, alors qu’il ne l’était jamais vraiment sauf dans l’imaginaire des esprits les plus créatifs. Ils avaient devant eux Edgar Allan Poe, le génie du fantastique, qui se tenait là en chair et en os, et semblait dévisager Lovecraft en attendant avec une impatience visible qu’il finisse de jouer son coup de dé.

 


-       Mais Poe est mort en 1849, non ?

 -       Je sais, fit Bob, comme pour éluder cette question qui en réalité ne donnait pas plus de sens à la situation. Je sais. Ces deux là ne se sont jamais connus. Pourtant, ils sont assis face à face ! Vous les voyez, vous aussi, non ?

 -       Arrêtez avec vos histoires, vous commencez à me foutre la trouille, dit Max, encore frissonnant.

 -       A côté de Lovecraft, ce n’est pas…

 -       Asimov. Isaac Asimov. Et là, sur la droite, c’est…

 -       Aldous Huxley, l’auteur du meilleur des mondes. Et cette femme qui rit à gorge déployée, avec la coiffe bouclée…

 -       C’est Mary Shelley, madame Frankenstein. Elle est assise face à Mr Dracula !

-       Bram Stocker. Mais… c’est incroyable ! Et ça continue, là !

-       Edgar Rice Burroughs ! Le cycle de mars, le livre de la jungle…

-       Oscar Wilde, et même Ray Bradbury, là !

-       Mais Bradbury est encore vivant, non ?

-       Ne cherche aucune logique. Ici, elle n’existe plus. Je crois que nous sommes face à l’un des plus grands mystères de l’histoire, les amis.

-       Mais tous ces gens sont morts ! Certains depuis des siècles, non ?

-       Tu oublies quel jour nous sommes, Max.

-       Le… 31 Octobre. Nous sommes le soir d’Halloween.

-       Aussi appelé Samhain dans la tradition celtique, ou encore la fête des morts. Tous ces gens sont morts, certes. Mais il semble qu’ils aient encore des histoires à raconter…

 


Alors que le voyage semblait de plus en plus sombrer dans la folie, nos 3 amis se posaient toujours plus de questions sur le but de celui-ci. Le présent et le passé se mélangeaient avec une grâce étonnante, et dans un frisson ultime de peur et d’appréhension, William mit fin à cette vision surnaturelle en quelques gestes, tandis que les génies du mal se levaient de leurs tables et se dirigeaient, hagards, vers la chaleur des voix qu’ils avaient entendues murmurer. La nuit promettait d’être encore plus longue que prévue. 

 

 

RB

LE 25/09/2013


Partager cet article

Repost 0
Published by Rom - dans ImaginaRom
commenter cet article

commentaires

fanfanchatblanc 26/09/2013 02:10


Le tourbillon des vagues et les sauts in fine des dauphins, soutenus par une musique volontaire et puissante, illustrent bien cette aventure étrange de tes trois héros. 


Les spectres d'écrivains célèbres vont-il s'exprimer ou ne s'agit-il que d'hallucinations de jeunes esprits aventuriers.


Amicalement.

Romworld

  • : RomWorld
  • RomWorld
  • : Un blog foufou, ou traîne un peu de tout. Des chansons, des articles, des histoires et pas mal de bonne humeur ! Le seul Rom qui est autorisé dans les pages de Valeurs Actuelles !
  • Contact

Rom World

 

Rom fait sa rentrée ! 

Retrouvez moi dans le nouvel annuaire !

Les Vieux De La Vieille

Texte Libre