Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 20:40

C'est l'heure de la conclusion, du dénouement de l'histoire et du voyage de 3 héros en devenir. En espérant qu'elle vous surprenne et vous fasse frissonner. 

 

http://maggiemusing.files.wordpress.com/2009/12/insane-eyes.jpg

 

Ils avaient parcourus des contrées entières, affronté la moiteur de la fin de l'été. Ils avaient connu des soirées mémorables, passées entre l'hydromel et les souvenirs d'auteurs de légende qui ne racontaient plus rien depuis des siècles. Ils avaient rattrapé de nombreuses décennies de retard, entre les souvenirs et les histoires chuchotées tard dans la nuit. il n'y avait pas grand chose à faire d'autre que tuer un temps qui n'existait pas, à bord de ce train fantôme qui roulait tout droit vers les limbes, reveillant la lande et ses créatures endormies. Parfois même, quand on regardait avec attention les paysages alentour, qui défilaient à une vitesse effarante, on pouvait voir des ombres danser sous un rayon de lune. Les animaux des forêts avoisinantes continuaient leur existence dans l'ombre d'une humanité trop concentrée sur elle-même pour voir aussi clair qu'eux. William, Max et Bob avaient choisi finalement. Ils avaient choisi la découverte, ils avaient choisi le silence de leurs proches trop inquiets. Pendant ce temps, dans un autre univers, dans un espace temps infiniment plus inquiet, on ne faisait que marteler sa peur. Les journaux télévisés avaient été rapidement alertés de la disparition de trois adolescents en pleine fleur de l'âge, au coeur de l'été. C'était à une époque ou alerte enlèvement n'existait pas encore, et ou les rumeurs remplaçaient les priorités au direct. Ou pouvaient-ils bien être ? Ils avaient certes l'habitude de vivre dans leur monde, mais jamais aussi longtemps, jamais avec autant de rage et de force envers leur famille, qui vivait désormais dans le déni et la procuration. Et plus que tout, l'attente. Une attente interminable qui se matérialisait par des journées suspendues au téléphone, guettant la moindre nouvelle, le moindre signe, le plus petit mouvement qui laisserait penser qu'envisager le pire n'était pas forcément la bonne solution. Là-bas, dans les ténèbres, la machine infernale ne semblait jamais s'arrêter. Les jours défilèrent, se transformèrent en semaines, puis en mois. Les trois garçons auraient mentis s'ils n'éprouvaient pas un manque de leur maison, de leur vie d'avant. Mais ils étaient tellement sollicités par les évènements et les histoires incroyables que déployaient la nouvelle qu'ils n'avaient pas le temps d'en être nostalgiques. Tout allait à une vitesse folle. Le temps, le train, le monde. Et puis un jour, tout s'arrêta. La machinerie diabolique et grotesque à la fois. Au milieu de nulle part. Les 3 amis se réfugièrent au dehors du bâtiment qui craquelait de toutes parts, conséquence d'un long voyage vers une éternité enfin accessible. Là, droit vers l'horizon se dessinait une immense forêt, et un soleil colossal trônait juste au dessus, comme pour souligner d'un air supérieur sa toute puissance. Poe fut le premier à leur adresser la parole. Il leur donna l'un de ses précieux conseils : "Suivez nous, mais ne vous perdez pas en chemin. Parfois, les lieux sombres se révèlent plein de pièges et de murmures. Ne les écoutez plus. Foncez, comme si votre vie en dépendait. Lorsque vous vous perdrez enfin, vous saurez ou vous êtes". Des paroles toujours aussi mystérieuses et fascinantes qui sortaient de cet esprit si brillant. Quelque chose se préparait. Quelque chose de sombre, d'immense. Un combat. Déjà, les kilomètres d'arbres à perte de vue semblaient nus, et les feuilles multicolores agitées par le vent de l'automne leur faisait prendre conscience qu'ils avaient été très loin. Lorsque tous furent enfin prêt, ils commencèrent leurs marches. Droit vers l'orée d'un bois sombre, celui  des songes et des mystères, tout droit sorti d'un conte de fée macabre et glaçant. Tandis qu'ils avançaient et s'enfonçaient toujours plus loin dans cet océan de souches paisibles, une sombre brume vint les envelopper d'un froid hivernal. Tous n'avaient aucune idée du chemin qu'ils entreprenaient, mais ils savaient au plus profond d'eux mêmes que le voyage en valait la peine. Mary Shelley fit quelques remarques absurdes sur d'éventuelles créatures célestes qui pourraient hanter ces lieux, et elle fit surgir un éclat de rire lorsqu'elle vit que Max se cachait derrière ses 2 amis, encore trop juvéniles pour paraître assez courageux. Howard Lovecraft fit stopper net l'étrange procession lorsque la lumière de la lune commençait à filtrer à travers la forêt qui devenait de moins en moins dense au fur et à mesure que les heures de marches s'écoulaient. 

- Chut. Vous entendez ? fit-il au reste de la troupe. 

- Quoi donc, Howard ? questionna Stocker. 

- Rien. Justement. Aucun son, aucun oiseau, aucun animal, plus un souffle de vent. Absolument rien. Nous sommes arrivés. 

Ils sortirent des bois, tous plus curieux les uns que les autres de ce qu'allait leur réserver la suite des évènements. Et il se tenait là, au milieu d'une colline, au elà d'une clairière abandonnée et touffue. Un gigantesque arbre mort, tortueux et certainement millénaire, dont les branches formaient des sillons tendres et immortels de souvenirs de jadis. L'arbre était loin de n'être qu'un parmi tant d'autres. C'était l'arbre de la destruction, la porte des enfers pour ces esprits brillants et à l'imagination flamboyante. C'était le portail dans lequel elles étaient enfermées, et attendaient patiemment la date de leur retour pour semer leur rage destructrice. Quelque chose avait changé dans l'esprit des jeunes aventuriers. Des images subliminales s'imprimaient dans leur tête, et aucun d'entre eux ne savait que l'autre avait les mêmes. Ils s'inquiétaient intérieurement de ces étranges visions, mais ne trouvaient pas le courage de se l'avouer à eux-mêmes, car ils craignaient de déranger le rituel ancestral qui était en train de s'opérer. Ils n'avaient aucune idée de quel jour nous étions, pourtant, ils avaient une date imprimée dans leur tête. Le 31 Octobre. Max regarda la montre bien cachée dans le fond de sa poche : il était 23h59. Quelques secondes plus tard, un souffle glacial parcourut le monde. Ils arrivaient. De l'arbre jaillit une lumière immense et rougeoyante, comme un feu d'un autre monde. Les créatures sortirent toutes d'un trou béant qui s'était creusé dans la souche. Le combat allait commencer. D'autres images, toujours plus nombreuses, s'imprimaient dans leurs têtes. Ils étaient les enfants choisis, les 3 bouc-émissaires qui disposaient de pouvoirs qu'ils ne soupçonnaient pas encore. Mais ils n'étaient pourtant que de vieux enfants. 

 

 

 

Le professeur Moriarty éteignit la lampe de son bureau et regarda la console. Tout se déroulait pour le mieux, les endorphines et l'écran d'images assénées au subconscient des 3 héros imaginaires commençait à avoir un effet plus qu'innatendu. Il regarda à travers le mur de verre. Rien ne bougeait. On aurait pu trouver de légers soubresauts au niveau des têtes bien sanglées dans leur casque de fer. Mais aucun d'eux n'en avait vraiment conscience. Il était minuit une. Le professeur l'attendait, mais elle ne se montrait pas. Enfin, lorsqu'il entendit craquer les talons sur le plancher asceptisé du couloir de l'ancien hôpital transformé en centre de traitement des maladies schyzophréniques avancées, il sut qu'elle venait vers lui. Qu'elle avait besoin de réponses. Elle entra dans le petit bureaux exigu et encombré de documents et de dossiers qui s'empilaient au delà de l'imaginable. Le professeur ne se retourna pas tout de suite, il attendit qu'elle dise quelques mots. Ce qu'elle fit. 

- Alors, ça avance votre... expérience ? Votre truc, là ? Parce que ça coûte de plus en plus cher. 

- Avez vous la moindre idée de ce qu'est un rêve partagé, Miss Kingsley ? 

- J'ai lu vos rapports. Du moins les grandes lignes. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi eux et pas d'autres patients ! 

- Mais c'est qu'il s'agit de 3 cas en un, c'est un fait pathologique exceptionnel. Nous tentons de les comprendre, d'analyser leur esprit torturé, de voir comment ils pensent, comment ils réagissent à nos stimulis visuels et auditifs. 

- Je crois qu'il n'y a rien à expliquer, et que nous perdons notre temps dans des recherches vaines qui nous coûtent beaucoup trop d'argent et de temps, professeur... euh... 

- Moriarty. James Moriarty. Comme la némésis de Sherlock, avec moins de barbe et les yeux moins fuyants, docteur Kingsley. 

- Enfin, qu'est ce qui pourraient expliquer les motivations et les mobiles de 3 tueurs en puissance qui ont agi en collaboration les uns avec les autres et en connaissance du moindre de leurs actes ? Ne sont-ce pas juste des désaxés, des rebuts de la société élevés dans la violence et l'ignorance d'une famille dépassée ? 

- Cela va bien plus loin que ça. Ils ne tuaient pas des gens, miss Kingsley. Ils combattaient des monstres, des êtres vils et cruels. Dans leur tête, ils n'étaient rien d'autre que des justiciers. 

- Ironique. Quand on sait que du point de vue de la justice elle-même, ce sont d'immondes meurtriers. Gilles Francken, Rob Drac, Peter Jekyll... Et la dizaine d'autres sont là pour le prouver, vous ne croyez pas ? Arrêtez les recherche. Leur place n'est pas dans un labo mais dans un asile. Point final.

- Comme vous voudrez, Miss Kingsley. Ils étaient pourtant sur le point de révéler tous leurs mystères.  

- Vous n'avez pris aucune précaution en plus ! Ils ne sont pas attachés. Qui sait ce qu'ils seraient capables de faire à votre personnel, ou à vous mêmes. 
- Ils sont profondément endormis et dans l'état ou est leur subconscient, je doute fort qu'ils ne viennent déranger qui que ce soit. N'ayez crainte, le "trio sanglant" ne refera plus jamais surface. 

 

Soudain, l'écran de contrôle se mit à cligoter et la console à émettre des petits bips. James Moriarty et sa supérieur se retournèrent, et eûrent tout juste le temps de constater l'inconcevable. Les 3 hommes s'étaient réveillés en même temps, ils avaient passé la porte de sécurité et fondaient désormais sur le professeur Moriarty, redoublant de violence et de fureur. La nemesis moderne du plus grand détective du monde était une cible de choix. 

 

FIN !!!

 

 

 


 

Partager cet article

Repost 0
Published by Rom - dans ImaginaRom
commenter cet article

commentaires

Romworld

  • : RomWorld
  • RomWorld
  • : Un blog foufou, ou traîne un peu de tout. Des chansons, des articles, des histoires et pas mal de bonne humeur ! Le seul Rom qui est autorisé dans les pages de Valeurs Actuelles !
  • Contact

Rom World

 

Rom fait sa rentrée ! 

Retrouvez moi dans le nouvel annuaire !

Les Vieux De La Vieille

Texte Libre