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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:04

Ce duo des chapitres 39/40 ne fait rien au hasard. Découvrez enfin l'un des plus grands secrets d'INITIUM, dans ces chapitres clefs de l'univers du roman. Beaucoup de révélations sont au programme, je ne pourrais donc que vous conseiller de lire les chapitres précédents pour en comprendre les enjeux. 

 

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10

 

Un grand secret révélé. 

 

Damian attendait derrière la porte d’entrée, bien surpris que son ami ne vienne pas lui ouvrir. L’avait-il surpris au sot du lit, par une heure aussi tardive ? Cela ne pouvait être le cas, Devon se levait toujours aussi tôt qu’il le pouvait. Mais alors quoi ? Il n’eût guère le temps de se poser plus de questions lorsque la porte s’entrouvrit sur un hôte livide. Lorsqu’il vit celui qui se trouvait derrière, il sembla souffler, comme si cette visite était moins catastrophique que celle qu’il redoutait en réalité.

Que faites vous, mon ami, vous voilà bien blanc ! Pour peu, on croirait que vous avez vu un fantôme, dit en riant Damian, posant un pas à l’intérieur, dans le vestibule.

Pardon, Damian. C’est que… je ne m’attendais pas à votre visite.

Tant que personne ne vous harcèle…

Damian, je sais que vous êtes quelqu’un de confiance. Puis je vous révéler un secret de la plus haute importance ?

Hé bien, tout est possible, autour d’un bon brandy.

Et William lui révéla tout. L’enquête qu’il avait entreprise, les individus sur lesquels il était tombé, l’étrange rencontre de la veille et cette étrange impression de faire une découverte majeure. Damian écouta, patient, dévoilant un oh ! de satisfaction aux moments les plus importants. Mais il avait un rictus étrange, comme lorsqu’on lui expose des faits qu’il sait déjà.

Pourquoi ce sourire, Damian ?

Je ne m’attendais pas à ce que vous découvriez tout cela si tôt. Ces individus sont des pipelettes, ils ne seraient pas capables de garder un plan de bataille décisive dans une guerre sanglante.

Alors… vous saviez tout ce que je viens de vous raconter ?

La majeure partie, du moins. J’ai dans mon sac une affaire de la plus haute importance que personne ne doit découvrir. Mais je pense qu’elle pourrait éventuellement vous être utile pour faire un peu la lumière sur toute cette histoire. Ce que je vais vous révéler maintenant, des millions de personnes cherchent à le savoir, mais le secret est resté intact jusqu'à maintenant. Vous, William, qui enquêtez sur des choses aussi étranges que la mort ou les circonstances d’un destin singulier, êtes bien placé pour savoir que ce monde regorge de mystères. Une silhouette noire dans la tour de Londres, une balançoire qui bouge toute seule alors qu’aucun souffle de vent ne vient perturber l’alentour… J’ai la réponse à bon nombre de ces questions mystérieuses. Si je vous disais que vous n’êtes pas seuls ?

Expliquez vous.

 Damian prit un étrange objet dans son sac, enveloppé dans un mouchoir de soie. Il le posa délicatement sur ses genoux, et le regarda aussi intensément que lorsqu’il réfléchissait sur une enquête particulièrement délicate. En touchant le mouchoir du bout du doigt, il le laissa glisser sur le sol et fit apparaître ce qui s’était caché dessous. Une étrange boule transparente, renfermant une autre boule d’énergie bien plus noire à l’intérieur. Elle flamboyait dans un néant invisible dont les contours étaient difficiles à cerner. Il toucha la surface transparente, et un gigantesque hologramme apparut. Ils les représentaient, William et lui, assis sur le canapé du salon, en train de contempler cette curiosité.

 

Ceci, William, est notre monde. Une surface plane, sans artifices, mais avec un relief singulier. Quelques interférences que nous n’arrivons pas à nous expliquer. Des présences, des impressions de déjà vu. Tout ceci existe, dans un autre monde. Le voici.

 

Il déploya l’étrange boule d’énergie noire, et là des dizaines de fantômes tournaient autour d’eux, criant et hurlant, poussant des plaintes glaçantes. William n’en crut pas ses yeux. Les esprits se dissipèrent au dehors, aussi subrepticement qu’ils étaient venus.

 

 

C’est une porte vers quelque chose que les humains ne connaissent pas. A chaque fois que cette brèche est ouverte, des anomalies s’en échappent et se retrouvent prisonnières dans le notre. Ce monde n’est pas un monde extraterrestre. Il représente notre passé commun, nos légendes et nos craintes. Il est ce que nous sommes en secret au fond de nous. Un monde construit par nos souvenirs. Un monde construit par nos croyances, nos illusions et nos espoirs. Ce monde, c’est l’inconscient de l’humanité, dans lequel je suis né.

Mais. C’est impossible ! Comment puis-je croire une chose pareille ?

Ce monde à sa propre évolution, son propre destin. Des guerres incessantes le frappent, des enjeux royaux le divisent. Mais il n’est au fond qu’un éternel recommencement. Cependant, cette autre réalité est en danger. Elle est menacée par des individus qui ne veulent que le contrôle et le sang de l’insurrection. Il existe un livre. Un livre qui contient toutes les plus puissantes légendes et prophéties de ce monde. Nous le traquons sans relâche, mais nous le savons entre de mauvaises mains. Si ses puissances sont libérées par les autres, elles assouviront cet univers et votre monde avec lui.

Ce livre, c’est… le Necronomicon, n’est ce pas ?

Le livre des morts. En effet. Nous mettons tout en œuvre pour le retrouver, et faisons appel à toutes les légendes incarnées que nous pouvons trouver dans les deux mondes pour venir à bout de notre tâche. Mais elle s’annonce difficile. Un homme nommé Raleigh est à la tête de sombres forces, des forces qui marchent en ce moment même vers une victoire certaine.

Alors les fantômes, les apparitions, les phénomènes paranormaux, tout ça ne serait que…

Des réminiscences de l’autre monde. Des présences, des brèches qui n’ont jamais totalement été refermées.

Vous vous rendez compte de ce que vous me dites ? Ca bouscule tous les fondements de notre science, de nos recherches, de nos millénaires d’évolution !

Je sais que ça semble fou, mais c’est pourtant la réalité William. Je peux te le prouver, mais le temps presse. Connais tu un endroit symbolique de ta ville autour duquel nous pourrions nous rendre ?

Il y a bien l’obélisque, mais.

Pas de temps à perdre, fais moi confiance. Ici, nos sens sont altérés, nos capacités sont plus grandes que là bas. Ne bouge pas, regarde moi dans les yeux, suis mes instructions à la lettre.

 

Damian cligna simplement des yeux, et l’instant d’après, le décor changea. Ils étaient face à une gigantesque obélisque de pierre, sur la place centrale de la ville. William n’en croyait pas ses yeux.

 

 

Est ce qu’on vient de… de se téléporter ? C’est complètement fou !

Ne gaspilles pas ta salive, tu as beaucoup trop de choses à voir. Cet obélisque n’est pas qu’un monument artistique. C’est un portail. Plus les monuments sont célèbres dans ton monde, plus les portails sont importants et donnent accès à des lieux facilement dans le nôtre. Celui ci est minuscule, il va nous donner du fil à retordre. Mais je pense être prêt. Veux tu voir la splendeur des splendeurs, la terre que tu as inconsciemment rêvé mais jamais pu voir de tes propres yeux ?

Allons y.

 

Damian lia sa main gauche à celle de William. Une fois qu’ils étaient solidement harnachés par les liens de la chair, il toucha simplement l’obélisque de la main droite. Une minuscule déflagration se fit entendre. Ils se retrouvèrent dans un étrange endroit très exigu qui sentait étrangement mauvais.

 

Beurk. Des toilettes publiques d’un autre temps. Pas très glorieux pour une première visite, n’est ce pas ?

 

Une lumière très vive perçait à travers les fentes de la solide planche de bois dur qui servait de porte. Lorsque Damian l’ouvrit, cette lumière angélique enveloppa tout l’horizon et aveugla un instant William. Un instant seulement, car il put très vite admirer la majesté de l’endroit ou il se trouvait.

 

Bienvenue dans l’autre monde. Bienvenue sur les Terres du Conseil.

 

Le vent faisait tourner les brins d’herbes hautes sur la lande. Ils virevoltaient, comme pour annoncer une danse de bienvenue. Tout au bout, une falaise. En bas de cette falaise, une mer qui s’étendait à perte de vue, des gigantesques rochers que la houle et l’écume venaient frapper. Au loin, entre l’horizon et l’océan, un gigantesque banc de terre. Et sur ce banc de terre, ce qui ressemblait à une ville. Colossale, toute en hauteur et aussi lumineuse que le soleil qui se levait au loin.

William savait qu’il vivait en cet instant la plus grande découverte de l’histoire de l’humanité. Mais il ne pouvait s’empêcher de contempler ce paysage irréel. Il fut interrompu par un Damian plus enthousiaste et roublard que jamais.

 

Ca fait du bien de revenir au pays. Alors, monsieur Devon, savez vous voler ?

Avec tout ça, je m’en sentirais presque capable, mais non. C’est bien normal, puisque vous n’êtes pas des nôtres. Il faut se dépêcher, nous avons laissé des traces, et Raleigh et ses hommes vont bientôt les retrouver. Montez donc sur mon dos.

Sur votre dos, dites vous ? Mais je ne peux pas faire…

 

William ne put terminer sa phrase. Damian, qui se tenait auparavant juste à côté de lui, avait maintenant tout à fait disparu au profit d’un gigantesque cheval ailé, aussi noir que la nuit, Pégase des ténèbres au regard d’argent et d’opale. Il hennit, et l’écho de son cri se répercuta dans toute la lande vierge et curieuse. William se hâta de monter sur le dos de ce nouvel ami. Il se croyait encore dans un rêve éveillé, mais fit les mouvements nécessaires pour le vivre pleinement. Lorsqu’il décolla, William se cramponna et poussa un gigantesque cri de surprise, qui alla s’envoler et se perdit à tout jamais dans l’immensité de ce monde qui lui ouvrait les bras. 

 

A suivre...

RB

Le 03/12/2012

 

 

 


 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 21:29

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Sur la route

 

Qu’est ce que le romantisme au fond, sinon une notion galvaudée vaguement mise en valeur par tous ces films hollywoodiens à la happy end facile ? Je dirais que c’est ce qu’on essaie d’être au fond de soi même au quotidien avec la personne dont on est amoureux. Je n’ai pas souvent eu l’occasion de l’être dans ma vie. Celle ci est d’ailleurs bien trop courte pour que je me permette de donner des leçons aux gens. Mais c’est ce qui, je crois, nous rend tous un peu plus vivants. Même ceux qui détestent ça en public ne seraient pas contre un petit poème. On est fait comme ça, malgré tout ce qui nous oppose, nous avons ça en commun qui est de trouver la corde manquante à la guitare de nos émotions. On a beau pouvoir faire toutes les gammes possibles, au bout d’un moment on a besoin de deux autres mains pour nous apprendre à jouer un peu différemment. Une mélodie soufflée au creux de l’oreille, une improvisation à laquelle on n’avait pas pensé.

 

Chaque matin depuis plus de deux semaines, je me réveille avec le sentiment que tout va s’écrouler autour de moi, parce que je sais que ce présent est si idyllique que c’en serait presque offensant. Lorsque ceux qui sont optimistes voient autour d’eux leur beau monde qui se délite et par en fumée en l’espace de quelques secondes, il ne leur reste plus que leurs beaux yeux pour pleurer. Ceux qui le sont moins se disent que ça devait bien arriver tôt ou tard. Alors je fais mon sac, j’allume mon mp3 et je démarre ma journée avec toujours la même chanson. Parce que c’est la première de ma playlist, parce que je ne sais pas la régler et parce que ce n’est pas vraiment désagréable. Et puis elle est là, sur le chemin, devant chez elle. Elle attend que je fasse le détour que je vais forcément faire à un moment ou à un autre.

 

Un jour, peut être, on prendra la même route en voiture, avec la musique à fond sur le poste radio, en oubliant ce pourquoi on s’attend chaque matin au carrefour de nos destins. Au fond je ne crois pas cela possible, mais cela ne m’empêche pas de l’imaginer aussi fort que je le peux. Sur les vieilles routes du désert de nos désillusions, en train de boire un café insipide et de bouffer un beignet que même un flic en service aurait refusé au pays de l’oncle Sam. Je n’ai que mes jambes pour la porter, déjà que j’ai du mal à le faire avec moi. Cela rend le poids de mes doutes d’autant plus imposant qu’ils ne sont sans doute pas partagés. Elle ne se pose pas le même genre de questions que moi, c’est une certitude. Ou en tout cas c’est ce que j’essaie de réfuter. On ne parle pas beaucoup, on regarde le monde tourner pendant qu’on va se retrouver derrière des pupitres que tant d’autres avant nous ont grattés avec des stylos et des compas qui ne servaient qu’a ça. On range nos égos respectifs dans nos casiers, espérant que l’autre ne viendra jamais fouiller.

 

Mais cette route, elle aussi rêve de la prendre. Son envie de voyager autour du monde ne s’est jamais éteinte. Pourtant, elle s’en est construit un ici, ou plusieurs petites planètes lui tournent autour alors qu’elle en est le centre de gravité. Ses parents, sa guitare, son chat. J’aimerais bien en faire partie, je pense. Mais il est encore trop tôt. L’idée que je me fais de toute cette histoire n’appartient qu’a moi. Et même si j’essaye de le cacher tout au fond de moi, je crois que c’est le romantisme qui guide chacun de mes pas et de mes mots vers une illusion certaine. C’est une histoire et un monde qui m’appartiennent. Je peux tracer cette route, je peux la faire vivre sous la tôle et l’acier qui me servent de carrosserie. Mais je ne peux pas choisir de l’ignorer, car si je le fais c’est moi même que j’ignore.

 

Tous les matins ses lèvres touchent les miennes juste après que nos regards se soient croisés. Mes potes trouvent ça très bizarre, je leur répond d’aller gentiment se faire voir et de se trouver des copines au lieu de faire les marioles. Mais ils ont toujours la même réponse, ils préfèrent rester seuls qu’être avec cette fille. Trop étrange pour leur petit esprit étriqué. Et c’est justement ça qui me plait, je pense. C’est quelqu’un qu’on arrive difficilement à cerner. Je ne crois pas un mot de ceux qui disent vouloir une vie rangée avec quelqu’un de sérieux. Sans folie, que serait la joie, que serait l’amertume et le désespoir ? Que serait une nuit sans aucune étoile pour briller dans le ciel sombre et vouté ? Que serait la personnalité d’un individu sans sa part de mystère et l’avis subjectif et complètement faussé qu’il peut avoir sur les choses ?

 

Je me rappellerais toujours de cette journée ou nous avons pris un bus sans savoir ou il allait. Je me souviendrais toujours de ce sourire qui nous illuminait, alors qu’on séchait lamentablement les cours comme deux adolescents fugueurs. C’était pour oublier nos vies, les gens autour de nous. Ou peut être pour tout autre chose. Je ne sais pas vraiment. Mais ce que je sais, c’est que tout le long du voyage, à chaque fois qu’elle me le demandait, je mettais la même chanson. Et que c’était celle qui était la première dans la liste de mon lecteur MP3. Je ne cessais de l’éteindre et de le rallumer sans cesse. Cette chanson s’appelait « You only live once ». On ne vit qu’une fois. C’est à partir de ces quelques instants répétés en boucle que j’ai réellement commencé à vivre. Une vie que je n’aurais jamais osé imaginer. Et c’est ici que notre histoire commence.

 

 

 


 
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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 19:01

 

Une chanson magnifique qui m'a inspiré ces quelques lignes. Une histoire d'amour qui ne commence jamais vraiment, mais qui n'a pourtant pas de fin : celle de la vie et de la jeunesse. 

http://www.motivationalmemo.com/wp-content/uploads/2011/10/love.jpg

 

Une mélodie cachée.

Ce baiser dans la nuit, cette fierté volée respirait encore une odeur de victoire. Elle transpirait par chaque pore de ma peau, et je n’arrivais à m’enlever cet instant de la tête. Sans doute ce désir oublié devait-il refaire surface, pour nous rappeler ce dont nous sommes capables. Je grattais quelques notes dans le vent de ma chambre à coucher, ce soir là. Je n’aurais su dire pourquoi, mais aucun air précis ne me venait en tête, et j’aspirais à une paix de l’esprit qu’à mon âge on ne peut pas se permettre. C’était là tout le paradoxe de la jeunesse : on aimerait que tout passe plus vite, tout en sachant que dans 30 ans on allait vouloir ralentir le temps. Pour fixer les choses, pour se rendre compte de ce qui était sous nos yeux. Je me remettais tranquillement de mes blessures superficielles.

 

Je percevais le remue-ménage d’en bas, comme un murmure abstrait qui venait percer le silence. Par la fenêtre ouverte, j’entendais la pluie fine tomber sur le bitume. Je sentais son odeur, je voyais l’étrange visage inscrit dans la lune me sourire de toutes ses dents. C’est là que le temps s’est figé, et que les battements de mon cœur ont commencé à s’accélérer. Cela n’avait pas de sens, mais je savais au fond de moi que ce qui me troublait il y a 6 mois le faisait encore aujourd’hui.

 

Elle se déplaçait comme une ombre, un fantôme furtif. D’un pas chaloupé, je la vis qui remontait la rue, le visage caché derrière la capuche de sa veste de tous les jours. Elle s’approchait de plus en plus de la maison. Un bruit de sonnette retentit à l’étage en dessous. C’est à cet instant que je sus qu’elle venait pour une raison bien précise.

 

Des hypothèses, toutes plus extravagantes les unes que les autres, se bousculaient dans ma tête. Chacune se battait pour avoir le dessus sur les autres. Des pas dans les escaliers. L’un était léger, celui d’une danseuse échouée. Le second était plus lourd, plus âgé et plein d’assurance. La porte de ma chambre s’ouvrit. Je feins de ne pas y prêter attention, toujours concentré sur ma guitare à la mélodie stérile

 - Fiston, il y a quelqu’un pour toi.

 - Merci, papa. Entre, fis-je, faussement dubitatif de ce qui se déroulait.


La porte se refermait. Je la vis s’approcher de moi, elle vint s’asseoir par terre, juste en face, en prenant soin de me regarder attentivement. Comme pour me juger. Je remarquais sous cette apparente candeur, des yeux qui illuminaient son visage. Des lèvres fermées qui semblaient vouloir dire quelque chose. Elle était un peu mouillée par le crachin, mais je n’y prêtais pas attention. J’étais bien trop occupé à l’admirer. Un cataclysme dans un monde froid et étranger. Une lumière destructrice dans une pièce parsemée d’ombres et de secrets.

 

- J’ai appris pour ce qui t’est arrivé. T’avais pas besoin de faire ça. T’es pas un dur, je le sais.

 - Je supporte pas tous ces connards qui te jugent sans savoir.

 - Arrête un peu. C’est tes potes. Ils le sont, tous. Tu n’es pas différent.

 - Sans doute, non. Même si j’essaye.

 - Eh bien n’essaye pas. C’est quand on s’abandonne tout entier que l’on devient vraiment ce que l’on voudrait être.

 - Belle réplique. Pleine d’innocence.

 - Justement, non. C’est tout le contraire. Tu sais beaucoup de choses à mon sujet. Ce soir là, j’ai parlé de choses que je n’avoues jamais à personne.

 - Tu sais ce que c’est, quand on a quelques verres dans le pif, on se confie toujours trop.

- C’est faux. Toi, tu ne m’as rien dit. Tu es quelqu’un de secret, je l’ai tout de suite vu. Tu essayes d’être quelqu’un de défini, mais tu doutes.

- Est ce qu’on est vraiment en train d’avoir cette conversation ?

- Changes pas de sujet.

- Je change pas de…

- Arrête un peu. La prochaine fois, quand quelqu’un m’insulte, barres toi et ne dis rien.

- Comme tu veux. Ca me fera certainement quelques coups de poing en moins.

- N’essaie pas de me défendre. Je ne me défends pas moi même. Ca n’en vaut pas la peine.

- OK.

- Tu joues de la guitare ?

- J’essaye, comme tout ce que je fais. Je ne me concentre jamais sur une chose en particulier. J’aimerais pouvoir faire tout en même temps, même si je ne le fais pas très bien.

- Tais toi. Joue.

- D’accord.


Je plaçais mes doigts pour jouer la première note, concentré sur mes cordes. Mais rien ne me venait vraiment à l’esprit. Et puis j’ai levé les yeux. Elle s’est assise juste à mes côtés, attendant patiemment que je commence mon récital. Lorsque j’ai vraiment ouvert les yeux, j’ai vu ces longs cheveux trempés qui lui collaient au corps. J’ai vu ces mains de jeune fille tourmentée qui s’entrechoquaient. Comme un bateau qui tangue. Là, seuls quelques mots me sont venus en tête. Instinctivement, la mélodie cachée au fond de mon esprit aveuglé se matérialisa entre mes doigts tremblants.

 

« All I want is you, will you be my bride

Take me by the hand and stay by my side

All i want is you, will you stay with me

Hold my in your arms and swim me like the sea »

 

C’est là qu’elle posa son index sur ma bouche tremblante et encore hésitante. Lorsqu’elle le retira, ses lèvres étaient à nouveau sur les miennes. Une éternité qui sembla durer une seconde plus tard, nous étions revenus au point de départ. Un silence pesant flottait entre nous deux.

J’aime beaucoup cette version, dit-elle enfin.

Elle repartit aussi vite qu’elle était venue. Tandis que je la voyais s’éloigner dans les ténèbres lointaines, je posais ma guitare et m’étalais de tout mon long sur mon lit. Cette nuit là, j’étais dans un semi état vaporeux. Elle m’emplit alors. L’étrange volupté dont sont fait les songes. Des songes qui étaient désormais devenus des réalités. 

 

 

 

RB

Le 18/11/2012

 

Prochain épisode : Sur la route

 

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 20:01

C'est l'histoire d'un homme qui fouine un peu trop dans les affaires des autres. C'est l'histoire d'une légende à laquelle il ne s'attendait pas. C'est l'histoire d'un rêve étrange et torturé... à moins que tout ceci ne soit réel. En tous les cas, c'est la suite du second acte d'INITIUM, et elle promet des rebondissements ! 


http://heyoscarwilde.com/wp-content/uploads/2007/06/harris_hyde.jpg

 

9

 

Les ombres se cachent dans le noir


Extrait du journal de William Devon

 

Mardi

Un univers très singulier s’est ouvert à moi. Je ne saurai dire ce que j’ai vu ou cru entrevoir, toujours est-il que si une quelconque vérité se cache entre mes lignes, elle est en proie aux doutes et sera bien difficile à croire. Les deux individus que j’avais rencontrés dans la maison étaient bien là, ce soir là, lorsque je suis descendu du bus sous une pluie battante. Le quartier résidentiel dans lequel j’avais atterri faisait preuve d’un mutisme profond. Il n’y avait aucune lumière allumée aux alentours, sauf celle des lampadaires qui dominaient la rue. Je n’avais jamais mis les pieds dans cette partie de la ville, car je n’avais pas encore trouvé le besoin de m’aventurer dans ces hauteurs. Un brouillard opaque commençait à tomber sur la nuit, et l’odeur de la terre mouillée m’envahissait les narines. Je respirais ce souffle étrange, tout en suivant en silence les deux silhouettes élancées qui, apparemment, savaient ou elles allaient. Elles marchaient à la hâte, mais le poids de leur pas était vif et soutenu, pourtant ils arrivaient à se déplacer avec une légèreté que je n’arrive pas à m’expliquer. Ils s’arrêtèrent près d’un pavillon à la devanture austère, et je me hâtais pour trouver un refuge contre la pluie. Je contournais mes cibles et vient me poster à l’angle de la maison. C’est là que j’entendis une bribe de conversation.


Pas là.

Il ne va certainement pas répondre tout de suite. Demius a dit qu’il était un peu sourd d’oreille ces temps ci.

Certes, mais nous n’allons pas rester poster là toute la nuit. Il ne faudrait pas attirer l’attention d’un voisin gênant.

La porte est semble t-il fermée à double tour.

Alors fait ce qu’il faut pour l’ouvrir.

Ne vous donnez pas cette peine, chuchota une petite voix fatiguée et presque absente. Entrez donc.


Je n’eus guère le temps d’en voir d’avantage, la porte se referma brusquement sans que je ne puisse rien y faire, et la rue se mura à nouveau dans le silence confondant des ténèbres environnantes.

Bien décidé à ne pas en rester là, je contournais la maison et vint me poster dans le jardin de derrière. J’escaladais la maigre clôture. Là, je vis une fine lumière percer à travers les rideaux transparents de la baie vitrée. Je pouvais voir la personne à qui l’on rendait visite, pas très distinctement mais assez pour remarquer quelques détails. D’un côté, j’avais peur que l’on détecte ma présence. De l’autre, ma curiosité insatiable me poussait à vouloir aller toujours plus loin dans ma découverte. J’étais maintenant trempé. Le vieil homme sembla éructer quelque chose. Il devait avoir plus de 60 ans, mais semblait étonnamment fort bien bâti pour son âge. De larges épaules, des muscles un peu usés, qui avaient du être impressionnants dans toute la force de l’âge, mais qui accusaient désormais le poids des hivers rudes et des printemps trop doux. Les cheveux en arrière, coiffé comme un dandy d’une autre époque, il portait une redingote qui n’aurait pas dépareillé dans les faubourgs du Londres de dix-huit-cent. J’étais tellement absorbé par l’analyse de l’individu que j’en oubliais presque ou je me trouvais. Et qu’ils n’étaient désormais plus que deux à parler. Ou était passé le troisième ? Je n’eus guère le temps de me questionner plus, lorsqu’une voix se fit entendre. Elle venait de la porte du salon qui donnait sur le jardin.


      Devon. J’aurais du me douter que vous alliez nous suivre.

Je restais muré dans le silence, stupéfait d’avoir été découvert une seconde fois.

     Nous vous avions prévenu que vous deviez disparaître. Mais vous n’en avez fait qu’a votre tête, encore une fois.

     Attendez, je ne vous veux rien de mal. Je cherche juste à savoir ce qui s’est passé chez les Wallace, osais-je enfin, à demi-mot.

     Je doute que vous vouliez vraiment le savoir. Sinon, vous ne seriez pas ici. Que cherchez vous à faire, au juste ?

     A résoudre cette affaire, c’est tout.

     Je ne crois pas à toute cette histoire de prophétie. Mais ce n’est pas moi qui donne les ordres, je ne fais qu’y obéir. Venez.

     Non, je ne peux pas. Je vais m’en aller. Vous ne me reverrez plus jamais, c’est promis.

     Ne me faites pas perdre mon temps. Entrez.


A contre-coeur et passablement contrarié, mais également un peu effrayé, je me décidais à franchir une porte que je croyais condamné, poussé par un individu dont j’ignorais tout. Je pénétrais dans la pièce seulement éclairée par une forte lampe murale, et fit face aux deux autres individus.


     Je me doutais que vous seriez là, monsieur Devon. Allons, approchez.

     Que fait ce type dans ma maison ? fit le vieil homme. Ce n’est pas ce que nous avions convenu, Ethan. 

     Au diable les convenances. Monsieur Devon, je vous présente le docteur Jekyll.


Je restais stupéfait, muré dans le silence le plus total. Que faisais-je, dans cet endroit, aux mains de ces hommes dont je ne savais pas s’ils allaient m’offrir le thé ou me poignarder dans le dos et me laisser pour mort dans une ruelle sordide ?


      Je sais ce que vous pensez de tout cela, monsieur Devon. Vous vous demandez probablement ce que vous faites ici, et ce que toute cette affaire à a voir avec vous. Vous vous posez probablement des questions sur notre identité, et ce que nous attendons de vous en vous faisant entre ici.

      On m’a chargé d’enquêter sur ce qui est arrivé à l’enfant des Wallace. J’ai pensé que vous aviez probablement quelque chose à voir avec cette histoire. 

      Certes, c’est une théorie qui se défend tout à fait lorsqu’on est simple d’esprit. Savez  vous qui est le docteur Jekyll, monsieur Devon ? 

       C’est un personnage de littérature de Stevenson.

L’individu prénommé Ethan se mit à rire brusquement. Un rire rauque et un brin étouffé. Les autres m’observaient, incrédules, attentifs aux moindres de mes mouvements.

       Stevenson n’est qu’un imposteur. Le véritable écrivain derrière sa plume n’est autre que le docteur Jekyll lui même. Croyez vous aux légendes, monsieur Devon ?

       Je crois en des choses, mais certaines réalités restent immuables. Docteur Jekyll et son pendant, mister Hyde, sont du domaine de l’imaginaire.

        Et si je vous disais que c’est faux ? Si je vous affirmais que tout cela est vrai ? 

        Alors je rirais aux éclats. Je perds mon temps ici, je ferai mieux de…

      Attendez. Bon, je crains de ne pouvoir vous faire patienter plus longtemps. Le jeune Wallace n’a pas été victime d’un esprit frappeur. C’est un fait tout ce qu’il y a de plus banal. Un suicide. Mais là ou cela devient singulier, c’est dans le fait que le jeune Wallace était entré en possession d’une page d’un livre. Un livre que nous recherchons activement, et que nous avions cru entre d’autres mains. Ou le gosse a t’il trouvé cette page égarée, tout le monde l’ignore jusqu'à présent. Mais c’est ce que nous tentons de découvrir.

        Et toutes ces manifestations ? Ces comportements violents et ces humeurs changeantes, ces étranges bruits dans la maison, ces assassinats d’animaux… vous voulez me faire croire que tout cela est normal, que cela a été causé par une page égarée tombée d’un vulgaire bouquin ?

       Oh, mais ce n’est pas n’importe quel livre, monsieur Devon. C’est une prophétie. Une sorte de bible pour tous ceux qui vivent cachés. On l’appelle le Necronomicon.

         Le livre des morts ? Mais ça aussi, c’est une invention. Vous pensez que je serai assez stupide pour avaler ça ?

        Non. C’est si vous ne le croyez pas que vous l’êtes. Rien de ce que vous croyez faux ne l’est réellement. Les légendes existent. Et vous en avez une devant vous.

Je regardai le vieil homme, dont le visage fut illuminé par un faible sourire.

       Très bien. Prouvez le moi. Prouvez moi que tout ce que vous dites est vrai, que  ce ne sont pas de vulgaires salades.

         Malheureusement nous manquons de temps.

         Non, Ethan. Je ne vais pas le laisser me faire affront de la sorte. Tu veux que je te prouve que ce qu’il avance est vrai ?

         Si vous le pouvez.


Quelle ne fut pas ma surprise de voir pousser de longs poils sombres sur toute l’étendue de ses bras ! Ses yeux devinrent aussi rouge qu’un fleuve de sang, son visage se renfrogna soudain, et il fut secoué de violentes convulsions. Lorsque ses os craquèrent et qu’il commença à grandir, Ethan émit une objection.


       Assez, Hyde. Reprenez vous, Jekyll, nous ne sommes pas là pour faire une démonstration de force.


En quelques secondes à peine, il redevint aussi bourru et innocent que lorsque je l’avais entraperçu pour la première fois, cette nuit là.


          Cela vous suffit-il ?


J’étais tétanisé. Je n’osais croire que ce que je voyais était réel. Pourtant, j’avais vu bien des choses étranges, mais celle ci dépassait de loin toute l’étendue de mes modestes découvertes. Serait-ce possible ? Ou m’avait-on drogué à mon insu ? Sans dire mot, je réfléchissais au caractère absurde de cette situation.


         Vous êtes quelqu’un d’important, monsieur Devon. Ne perdez pas votre temps à ressasser tous ces faits divers absurdes que vous trimballez en oubliant tout ce pourquoi vous vivez. Vous pouvez disparaître, recommencer votre vie comme avant et tenter de sauver votre couple et votre passé. N’est ce pas là ce que tout un chacun désire ?

          Je veux seulement savoir. Tout savoir.

          Bien. Je vois que vous n’abandonnez pas aussi vite que je le croyais. C’est tout à votre honneur.


Il prit un papier posé sur la table juste derrière lui, et un stylo laser. Là, il griffonna quelques mots sur la feuille et me la tendit, après l’avoir pliée en deux.


          Vous serez donc certainement au rendez vous fixé, demain. L’adresse est sur ce papier. Veillez à garder le silence le plus total sur ce que vous avez vu ce soir. Jusqu'à présent, je me suis montré indulgent, mais plus d’un traitre est mort sous mes lames. Est ce bien clair ?

          Très clair.

        Bien. Raccompagnez le chez vous, voulez vous ? Rapidement. Nous avons à parler.


Le plus jeune, à qui Ethan avait semble t’il donné l’ordre, s’exécuta. Il me prit par le bras un peu brusquement, sans que j’aie la force ni l’audace de me débattre un seul instant, et me ramena au dehors. La pluie s’était un peu calmée, mais le froid était saisissant et le brouillard était devenu presque impénétrable. Je n’eus guère le temps de sortir une seule syllabe de ma bouche. Je ne vis qu’un maigre clignement d’œil, et ce fut le noir le plus total.

Je me réveillais en sueur, dans un lit qui, étonnamment, semblait être le mien. Le visage livide, la bouche aussi sèche qu’un mort  de chaud en plein désert, la peur au ventre. Je sentais la sueur qui coulait sur mon front et le long de ma nuque, en descendant jusqu'à mon dos.

Que signifiait tout ceci ? Dans quelle aventure m’étais-je embarqué ? J’avais sûrement rêvé, mais mon inconscient me donnait parfois grandement à réfléchir sur ma santé mentale. La tête encore embrumée, je me rendormis dans le silence vagabond de ma chambre à coucher.

Le lendemain, je me réveillais beaucoup plus calme et posé que quelques heures à peine, mais j’étais toujours tourmenté par ce songe si étrange et dénué de sens. Lorsque je me levais, la tête en vrac, et posais les pieds sur la moquette sale, je ne pus retenir un sursaut de frayeur. Sur ma table de nuit, il y avait un papier plié en deux qui attendait à, bien sagement. Horrifié, les mains tremblantes, je pris la feuille dans les mains, l’ouvrit et commençait à la lire. L’adresse indiquée m’était effroyablement familière. C’était la mienne.

J’eus un sursaut lorsque j’entendis qu’on sonnait à la porte d’entrée. 

 

http://www.juicylight.com/images/20090117190056_img_0149.jpg

 


A suivre... 

RB

Le 3/11/2012

 

 

 


 

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 17:59

Halloween est une fête que j'apprécie beaucoup, pleine de joies macabres, et de célébrations. Dommage qu'elle ne soit pas plis fêtée en France, car Outre-Atlantique (et outre-tombe aussi), c'est un vrai phénomène ! Soirées déguisées, maisons customisées, farces et attrapes en tout genre... Si on me paye le voyage, je me ferai une joie d'y aller ! Trêve de plaisanteries, voici une ôde à la plus noire des fêtes. D'autres surprises vont venir d'ici le 31 Octobre, dont une sélection des meilleurs films d'horreuuuur de 2012, et une histoire de fantôme très... particulière ! Alors en attendant... Lisez et écoutez, si vous l'osez ! Ne serait-ce pas une ombre que je vois derrière vous ? 

 

http://www.pspgamesthemes.com/psp-images/2009/07/Halloween-Monsters-PSP-Wallpaper.jpg

 

Le vent d'octobre frémit et nettoie les allées

En déplaçant les feuilles mortes venues s’échouer

Les maisons sont fermées mais la ville est fin prête

Pour la plus macabre danse, la plus glauque des fêtes

Viens, esprit de la nuit, vois donc tous ces enfants

Qui vont de porte en porte, l’estomac frémissant

Tous fiers de leurs trouvailles, tout contents de leurs fouilles

Le visage éclairé par d’immenses citrouilles

 

Elles se déploient et rient à la face des vivants

Qui donc sont-ils pour dire quel est le plus puissant ?

Quelque part dans le monde, l’horreur s’est éveillée

Son cercueil est ouvert et tout a commencé

Des poils longs et marron qui se dressent sur ton cou ?

Alors il se pourrait que tu sois un garou

Un balai dans les airs, une odeur de magie ?

Ce serait une sorcière qui traînerait par ici

 

En haut de la colline, dans le vieux cimetière

C’est la fête attendue toute une année entière

Toutes les créatures les plus viles de la nuit

Celles dont vous craignez qu’elles soient sous votre lit

Oh, vile sarabande autour d’un feu sacré

Ils sont tous réunis, la mort vient célébrer

 

Si vous voyez marcher un court vieil homme en berne

Qui se retourne et rit lorsque vous l’appelez

Approchez vous, c’est que l’histoire qu’il a à raconter

Il la tient d’un maudit marcheur à la lanterne

Sentez vous donc le froid, la terreur est à l’œuvre

Elle fera de vos chers bambins enjoué son hors d’œuvre

 

Si dans un champ désert s’abat une grande faux

Surtout fuyez la donc, c’est celle du bourreau

Une nuit de terreur et de rires effrayants

Ou votre épouvantail s’anime, s'enfuit en riant

Où même les chats du quartier viennent à trouver leur maître

Le plus noir d’entre tous, sanglant rien qu’au paraître

 

Si vous vous réveillez en entendant des bruits

Le bang assourdissant de votre tuyauterie

Dites vous bien que ce n’est que de la musique

Jouée par des goblins, petits êtres magiques

L’horizon, noir qu’il est se teintera de rouge

Et le matin naissant prendra couleur de courge

 

Et les monstres éreintés par leur nuit casse cou

S’en viendront à la ville, tenant à peine debout

Vérifiez vos maris, fermez vos portes, fous !

Car il se pourrait bien qu’ils se glissent parmi vous

 

Le mal de dort jamais, et la nuit prédomine

Lorsque vient au cadran le minuit d’Halloween. 

 

RB

Le 28/10/2012

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 19:45

7ème partie de ce nouvel acte futuriste d'INITIUM, ou les destins se croisent et ou les énigmes se dénouent, jusqu'a ce que vienne s'ajouter de nouvelles pièces au puzzle. ce qui vous attend aujourd'hui est une journée ordinaire, celle d'un être ordinaire, tourmenté par ses sentiments et sa situation personnelle difficile. Que va devenir William, notre héros ? Quels sont les dangers qu'il va devoir affronter ? L'intrigue commence à se mettre en place, et le destin de cet univers qui semble irréel est plus que jamais incertain. Bonne lecture ! 

 

 

 

http://orbittrap.ca/wp-content/uploads/2009/03/detective.jpg

 

C’est difficile de s’éveiller d’un rêve que l’on n’a jamais désiré. Il règne en vous une certaine appréhension inconsciente, qui vous fait douter de la réalité et de l’imaginaire dans l’instant qui précède votre éveil. Vous sentez une fine goutte de sueur couler le long de votre front, vos draps sont froissés, votre égo frustré et blessé dans son plus intime appareil. William revivait cette éternelle scène. Cette scène étrangement familière, mais qui faisait pourtant partie d’un passé qu’il s’efforçait chaque jour de noyer dans ses recherches. Ces talons lourds sur le sol qui martelaient la rue et accompagnaient l’orage.

 

Ce regard glacial lancé jusqu’au dernier moment, ces yeux qui ne baissaient pas la garde, qui étaient aussi déterminés que le reste du corps. Il avait vu partir sa femme, et ne s’en remettrait sans doute jamais, mais le simple fait que cela soit arrivé quelques semaines plus tôt l’effrayait, car il avait peur que tout cela recommence à nouveau. Rien dans sa vie n’en avait véritablement été chamboulé, et c’était peut être ce dont il se sentait le plus coupable. Il continuait de négliger ses proches, ses amis lui disaient qu’il ne sortait pas assez, son enfant passait au second plan. Aujourd’hui, elle était revenue. Elle avait pris toutes les affaires qu’elle avait laissées, et le bébé en même temps. Elle partait sûrement vivre chez sa mère quelques temps, comme font toutes les délaissées de l’amour, avant de pouvoir rebondir et de se chercher un appartement loin de toute cette histoire qu’elle laissait derrière elle. Au fond de lui même, William se désolait que cela n’ait pu tourner autrement que par l’échec de son mariage, mais ce qui ne représentait pour lui qu’une passion commune était pour les autres une lubie bien trop accapareuse.

 

Evidemment, son aveuglement était total, seules comptait les affaires auxquelles il était confronté, directement ou non. Cet enfant était exceptionnel, presque autant que l’histoire qui lui était arrivée. Ces deux individus dans la maison étaient eux aussi à la recherche de quelque chose, même s’il n’avait pas su dire quoi, étant donné le court laps de temps qu’il avait passé à les observer. Il se rendait tout de même compte qu’il passait ses journées immergé dans son univers. Aujourd’hui, il avait décidé de sortir un peu la tête de l’eau. Une journée somme toute fort ordinaire, à faire du lèche vitrine dans les magasins de la rue principale de la ville. Quelques affaires, un pull en cachemire, un pantalon jean et une paire de chaussures en faux cuir emplissait les sacs qu’il portait. C’est bien souvent sur le quai d’une gare qu’on laisse tous nos souvenirs, ou parfois, mais plus rarement, qu’on en retrouve certains qu’on avait laissé de côté.

 

Etrangement, ces endroits sont des lieux de rencontre pour les coïncidences et les hasards de la vie, qui n’en sont pas vraiment. Il était en train d’attendre son bus sur un banc, au dehors. Il tombait un léger crachin particulièrement insupportable, et William se faisait fouetter le visage par les fines gouttelettes de pluie. Il détestait ces journées ou il ne faisait ni très beau ni très mauvais, elles étaient en suspend dans le temps et l’espace, et arrivaient une fois de temps en temps lorsque le ciel en avait marre d’être lunatique. Cela représentait pourtant tout sauf la normalité. William attendait le bus de 18h05. Il avait recroisé son ami Heather, qui était maintenant mère au foyer et élevait deux beaux enfants qui commençaient à grandir, avec son mari Peter, dans un petit pavillon près de West Side Road. Il avait toujours eu le béguin pour elle, ils s’étaient rencontrés au lycée. Mais William n’avait pas eu assez de courage au bon moment pour tout lui avouer, et un autre l’avait fait à se place.

 

Une sélection naturelle qu’il aurait bien aimé changer, car Heather était heureuse aujourd’hui, tandis que sur le plan purement affectif, sa vie à lui ressemblait plus à des montagnes russes. Actuellement, il était tout en bas, et c’était seulement un petit garçon tué atrocement qui le faisait quelque peu remonter. Triste loi de la comparaison : on se dit que notre vie est meilleure que certaines autres, pour s’en cacher la pauvreté et se donner bonne conscience. Mais les choses ne se passe jamais comme on les avait planifiées, et il était bien placé pour le savoir. Ses yeux s’arrêtaient quelquefois sur des individus étranges, qui étaient par ailleurs le lot de toutes les grandes villes : qu’ils soient jeunes ou vieux, de petite ou de grande taille, il y en a toujours qui sortent de l’ordinaire, que ce soit délibérément ou pas. Lorsque le bus se gara dans son emplacement et attendit que quelques passagers montent pour pouvoir repartir, William regarda attentivement autour de lui.

 

Est ce que je ne suis pas dans un bus ou il y a un dégénéré ou un type qui parle à tout le monde ? Apparemment non, constata-il en montant, après avoir payé son billet. Il alla s’asseoir quelques rangées plus loin, ni trop devant ni trop à l’arrière, pour essayer de passer le plus inaperçu possible. Dans le bus, assis quelques sièges derrière, il y avait un jeune homme dont le visage était caché par la capuche de sa veste, qui semblait écouter de la musique.

On entendait le son léger des écouteurs saturés, mais il fut bientôt masqué par la radio du bus qui démarra en trombe, annonçant dans un flash d’information qu’un policier avait été tué devant le commissariat, semble-il au cours d’une échauffourée avec des malfaiteurs particulièrement coriaces. L’agent, qui portait pourtant un neutraliseur à sa ceinture, n’avait pas eu le temps de le mettre en marche, les deux individus ayant tout de suite fait feu dans sa direction avec un tazzer longue portée, lui infligeant une électrocution immédiate. Ils avaient pris la fuite, et étaient toujours actuellement recherchés par les forces de l’ordre. On n’avait pas encore établi de témoignage donc pas de portrait robot. Mais il semble qu’ils étaient d’âges différent.

William détourna son attention pour poursuivre son analyse des passagers. Tout au fond, dans la rangée de gauche, une jeune fille semble t’il très concentrée sur son messager holographique, ne disait pas un mot. Devant elle, assis confortablement, un vieil homme assez grand avait lui aussi le visage caché, par le journal local du jour, qui relatait encore l’affaire du jour. Une vieille dame était assise devant et discutait avec le chauffeur, et le tour était complet. Il n’y avait pas beaucoup de monde à cette heure de la journée. Les gens avaient sans doute autre chose à faire que de prendre une vielle ligne de bus qui n’avait même pas été rénovée lors du rachat par un nouveau propriétaire, il y a deux ans de cela.

 

Le trajet passa lentement. Ce fut la vielle dame qui descendit la première. La jeune fille suivit. Puis ce fut autour du jeune homme, qui n’adressa pas un mot au chauffeur à l’arrêt suivant. Il faisait de plus en plus sombre, et la journée touchait à sa fin. Lorsque ce fut autour du vieil homme, à l’arrêt numéro 5, celui ci ne bougea d’abord pas, alors qu’il avait fait demander un arrêt. Il restait prostré derrière son journal. Puis, comme s’il avait réalisé qu’on s’arrêtait seulement pour lui, il posa son journal sur le siège d’a côté, pris son vieux sac en toile et se dirigea vers l’avant du bus. William, recroquevillé dans son siège, ne le vit passe qu’un instant fugace, quelques secondes à peine. Mais assez pour le reconnaître, bien qu’il tentait de détourner la tête pour ne pas être vu. Il était d’un blond qui sonnait faux, et derrière ses lunettes on devinait les mêmes yeux pleins d’expérience et de rigueur.

 

Il s’agissait de l’homme qu’il avait vu dans la maison ce jour là. Ce même individu qui se faisait appeler « maître », et qu’il avait désespérément tenter de chasser de sa mémoire. Son sang ne fit qu’un tour, mais il ne manifesta pourtant pas la moindre impression de surprise, jugeant qu’il lui fallait rester discret. L’une des majeures parties de sa passion passait par le boulot de détective, et il savait parfaitement comment se comporter pour avoir l’air tout à fait normal. Le chauffeur redémarra. William se dirigea vers l’avant du bus, et s’adressa directement à lui. 

- S'il vous plaît, vous pouvez me laisser deux rues plus loin, en tournant à gauche à ce pavillon, là bas ? 

- Il n'y a aucun arrêt, ici. Je n'ai pas le droit de...

- Tenez, dit William en sortant de la monnaie de sa poche. Gardez tout. S'il vous plaît, déposez moi là. 

 

Le chauffeur obéit, un peu abasourdi. William descendit. Le crachin tombait toujours, le monde devenait aussi noir que le tréfonds des abysses. Il se mit à marcher lentement, les mains profondément enfouies dans ses poches pour vaincre le froid qui venait de tomber, en essayant de ne pas perdre la silhouette de vue.  

 

A suivre... 

RB 

Le 19/10/2012

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 11:48

 

Damian est quelqu'un de très érudit, comme nous l'avons vu dans les précédent chapitres. Mais il est aussi intelligent qu'il est secret. Faites un peu plus sa connaissance et pénétrez dans son inquiétante demeure qui a donnée naissance à bien des légendes. Bienvenue dans le 6ème chapitre du second acte d'INITIUM. 

 

http://static.desktopnexus.com/thumbnails/83932-bigthumbnail.jpg

 

Il était très tard, cette nuit là, plus tard que tout ce que les horloges aurait pu en dire. On sentait le froid glacial et inhospitalier de la nuit pénétrer par chaque porte, chaque souffle s’accompagnait d’une fumée blanche annonciatrice d’un temps capricieux. Toutes les maisons étaient soigneusement fermées à double tour, les enfants et leurs parents étaient déjà au lit depuis bien longtemps, dormants d’un sommeil aussi profond que les abysses. Le vent du dehors était calme et sec, douce brise qui venait accompagner la brusque chute de température depuis longtemps entamée. On ne le voyait guère car le noir masquait tout, mais de gros nuages sombres enveloppaient le ciel. Il régnait dans l’air une odeur étrange, annonciatrice de la pluie. Lorsque les premières gouttes, drues et froides, touchèrent le sol, elles ne mirent que quelques instants à recouvrir d’humidité le reste de la route déserte. Au delà de ce quartier tranquille, résidentiel, il y avait une demeure immense, avec un portail en métal digne des plus grandes prisons du compté voisin. On y voyait jamais personne, et encore moins en cet instant. Des chiens gardaient toujours le parc, et les lumières posées tout autour de l’immense cour de devant étaient désormais éteintes, certainement délibérément, la politique d’économie d’énergie faisant plus que jamais rage dans la société. La machine de jardinage automatique était encore en train d’enlever les quelques feuilles qui trainaient ça et là, tandis qu’un hologramme de la police analysait toute trace d’un éventuel intrus qui aurait pu s’aventurer au delà du portail. De nos jours, on n’avait pas trouvé mieux pour avoir du mépris pour le petit personnel que de les faire travailler de jour comme de nuit. Personne ne s’en plaignait, et le sentiment de sécurité était quasiment autant renforcé que celui de l’individualisme, cruel et totalement impersonnel auquel avait abouti la société post-moderne.


Cette demeure avait été bâtie voilà bientôt 40 ans. Assez pour que deux générations de gamins ne viennent à naître, et à fantasmer de ce qu’il y avait à l’intérieur. On racontait toutes sortes de choses sur cet étrange manoir néo-victorien, mais les anecdotes les plus croustillantes étaient évidemment les plus inquiétantes. Une étrange femme vivrait ici, elle ne sortirait jamais de chez elle et aurait choisi la solitude. Certaines nuits, elle ferait peur aux enfants qui s’aventureraient au delà du mur d’enceinte de la cour arrière. Le jeune Tony, plus brave que les autres, en avait même été terrifié. Il avait raconté qu’il s’agissait d’une sombre mégère, et que c’était elle qui avait fait disparaître de ses doigts velus et étrangement biscornus tous les chats du quartier. Bien évidemment, l’explication était toute trouvée, et les enfants avaient choisi de la croire. Cette vieille femme est devenue une athée, car on murmurait qu’elle ne croyait en rien, puisqu’on ne la voyait jamais à l’église. Cette athée est devenue une sorcière, car si elle ne croyait pas en une divinité bienfaitrice, du moins devait elle en convoquer une, et celle ci était forcément maléfique. Evidemment, on aurait pu croire que la modernité, le futurisme et la technologie auraient détourné l’attention des enfants de telles histoires, mais il n’en était rien. Elle faisait rire les parents, cependant, découvrant chez leur bambins une imagination insoupçonnée et rafraichissante, qui leur rappelait leur propre jeunesse, du temps ou ils étaient encore innocents. Bien entendu, on les laissait dire, mais on leur déconseillait probablement dans chaque foyer de ne pas trop s’approcher de cet endroit, car on voulait éviter les problèmes. Et Dieu seul savait ceux qu’un enfant un peu trop curieux pouvait apporter.

 

Certains jours, lorsque le ciel rougeoyant disparaissaient derrière cette immense demeure à 3 étages, on pouvait la voir sous une lumière différente, une lumière diabolique. Pourtant, comme bien souvent, la réalité en était bien moins merveilleuse,  et dès qu’on arrivait aux grandes portes en métal et que l’on se présentait au scanner rétinien et à l’analyse d’empreinte, les portes s’ouvraient la plupart du temps sur un domestique. Cet homme, assez élancé et le regard un peu sombre, vous contemplait de toute sa froideur, avant de vous inviter à le suivre au salon. Là, on découvrait le grand escalier central qui menait à l’étage, les dorures et le marbre fraichement nettoyés, comme les très anciennes maisons de l’époque incertaine ou régnait encore une certaine hiérarchie sociale entre les pauvres et les riches, conséquence de toutes sortes de clivages aussi brutaux qu’injustifiés. Le salon rassemblait un mobilier d’une étonnante modernité, qui dénaturait totalement avec la chaleur doucereuse et tout en formes gracieuses de l’entrée principale. Posés sur des étagères virtuelles qui tenaient du miracle, des dizaines, des centaines de livres s’entassaient. Ils parlaient de toutes sortes de choses, certaines éditions étaient très anciennes. La propriétaire était passionné autant par la philosophie, la sociologie, la psychologie, la nature, le bien être, les romans célèbres que par l’astronomie, la physique quantique ou la science en général. Il s’agissait d’une bibliothèque immensément riche, qui aurait certainement impressionné n’importe qui. Des baffles plates diffusaient les nocturnes de Chopin, dans un fond sonore discret et élégant. On se serait cru chez un aristocrate, avec quelques siècles d’écart, à en juger par la décoration. Mais ce n’était rien d’autre qu’une simple salle d’attente, l’hôte étant prostré à l’étage, dans une seconde bibliothèque bien plus sombre et fermée à double tour, celle ci. Une faible lumière artificielle éclairait le long bureau en toc, et le regard de Damian Georges était plongé dans un ouvrage des plus intriguant. Il décrivait, en page 322, les conséquences et les symptômes les plus courants chez une victime de poltergeist.

 

Des meubles ou des objets qui se déplacent d’un coin à l’autre d’une pièce, et bien souvent la présence d’un esprit frappeur, qui provoque les habitants d’un lieu donné. Pour le jeune Wallace, les symptômes en ont été plus graves encore : des griffures, des morsures, et un appétit qui disparaissait au fur et à mesure du rétrécissement de son estomac. Il se mettait parfois à parler seul dans sa chambre, ses parents croyaient qu’ils jouait à un jeu vidéo ou regardait la télé tellement la voix était différente de la sienne. Bien souvent, ces phénomènes cessent lorsque l’enfant grandit et atteint l’adolescence, en tout cas ils disparaissent à une certaine période, lorsque le phénomène en a assez de tourmenter sa cible, ou lorsque celle ci n’a plus peur de lui. Pour ce garçon, cela n’a jamais cessé, ce qui est un fait très rare dans ce type de manifestation. Une seule fois dans toute l’histoire de la recherche, on a même été témoin d’un homme qui est mort de combustion spontanée à la suite d’un poltergeist. C’était il y a déjà plus d’un siècle, et les preuves avaient à présent tout à fait disparues. Ce cas était donc quelque chose d’assez exceptionnel, et Damian savait dans les grandes lignes à quoi s’en tenir. Il leva les mains de l’ouvrage, le referma consciencieusement en prenant soin de noter la page à laquelle il s’était arrêtée dans sa tête, et le posa un peu plus loin sur le bureau. Ses yeux fatigués fixèrent un moment le halo de lumière, et un scintillement lui apparut, certainement la conséquence de ces quelques heures passées à lire les caractères imprimés sur les pages blanches de ses désirs inassouvis. Il n’attendait plus personne, et n’avait aucune idée de l’heure qu’il était, il ne s’embarrassait pour ainsi dire quasiment jamais de ce genre de considération. Il se leva de son siège, pris son manteau accroché à l’entrée et se réfugia à l’extérieur. Le nuage de pluie s’était déplacé plus loin vers la plaine. Il verrouilla la porte d’entrée à l’aide du scanner et de l’analyse d’empreinte et courut sur le sol mouillé. Il sortit par une petite porte en fer forgé accolée au grand portail, et le ferma soigneusement lui aussi. Tout cela en quelques gestes précis, qu’il avait eu presque toute une vie pour apprendre.

 

Il courut en toute hâte vers une destination que lui seul connaissait, ou presque, fermement décidé à ne pas montrer son visage à quiconque. Il le cacha dans son grand manteau, et pris également soin de ne pas marcher dans les flaques que les creux de la route avaient formés. Il parcourut quelques centaines de mètres à pied, puis prit un taxi, qui était posé devant la gare des bus, toute proche de chez lui. Il aurait pu s’étonner qu’un taxi soit disponible à une heure aussi tardive, mais la compagnie en question n’employait aucun homme, la voiture arrivait à se conduire toute seule. Damian indiqua une adresse et l’analyse vocale connectée à un GPS démarra, de même que le véhicule. La somme exacte due était affichée selon le traçage de l’itinéraire, et Damian la laissa dans une petite mallette accrochée sur le tableau de bord. Il vit défiler la froideur de la ville, la virtuosité des lumières changeantes et éphémères, la fougue des voitures qui passaient dans l’autre sens du périphérique. Le taxi le déposa bientôt à l’adresse indiquée et lui administra quelques politesses qui, comme tout ce qu’il aurait pu lui dire, étaient artificielles. Il longea un dédale de rues, certaines plus malfamées que d’autres, certain de ne croiser personne à cette heure plus que tardive. Quelques minutes plus tard, il avait atteint son objectif : un appartement du rez-de-chaussée d’un immeuble vieillissant. Dans la rue, ça sentait la vieille nourriture, les ordures et les déjections. De la fumée filtrait un peu par la plaque d’égout un peu plus loin dans la rue, et seuls quelques lampadaires venaient percer les ténèbres. Il sonna trois fois, avant que la porte de s’entrouvre et qu’on ne l’invite à entrer.

 

Je ne t’attendais pas si tard, mon cher Damian.

Pardonne moi Figus, une recherche de dernière minute m’a retardé.

Je vois. Entre, mets toi à l’aise, du moins autant que tu le peux.

Tu es au courant de cette tragique histoire qui s’est produite dans une maison de banlieue ?

Tu penses, toute la ville en parle, alors bien sûr que je suis au courant.

Cette histoire cache quelque chose. Tu n’es pas d’accord ?

Evidemment. C’est leur œuvre, bien entendu. Il ne faut pas que cela s’ébruite plus que ça, garder la population effrayée. Il vaut mieux qu’elle ait peur plutôt qu’elle découvre la vérité.

Bien entendu, ce serait une chose terrible. J’ai mis un de mes plus proches amis sur l’affaire. Il était docteur en science du comportement, William Devon.

Je connais ce type. Un peu louche, le regard dans le vague, et qui, je crois me souvenir, s’immisce toujours dans des affaires qui ne le regardent pas.

Il ne fait que suivre mes directives, il est en quelque sorte mon bras droit. Je pense qu’il me respecte.

Eh bien je ne sais pas pourquoi, car tu es un sacré boute-en-train quand tu le veux, toi aussi ! fit l’autre en riant.

 

Il toussa. Damian remarqua qu’il avait l’air plus mal en point que d’habitude. Sa barbe n’était pas rasée, et des poils noirs et drus commençaient à s’accumuler sur son visage strié de rides et de cicatrices d’un passé qu’il aurait voulu oublier. Il avait été officié dans une des pires prisons de tout l’état, autrefois, mais il avait décidé de prendre une retraite anticipée, de peur d’y laisser sa vie et ses espoirs. Car la situation des types dont il s’occupait était bel et bien désespérée. Ce n’était qu’un simple surveillant, mais il avait encore aujourd’hui une sacrée carrure de boxeur. L’âme d’un chef coulait dans ses veines, et une autorité presque physiquement palpable débordait de ses vieux vêtements. Il ne rangeait quasiment jamais son appartement, et il régnait un fatras indescriptible, et une odeur bien particulière, entre le renfermé et l’aigre. Mais il n’était pas pour autant sale. La vaisselle était faite, la nourriture rangée dans les placards. Il n’entassait que des objets qui, disait-il, allait forcément lui servir un jour. « Et ce jour là, je n’aurai pas besoin de les chercher puisqu’ils me tomberont sous la main ».

 

 

Je suis venu chercher ce que je t’avais demandé il y a quelques jours. L’as tu en ta possession ?

Chaque chose en son temps. Ne veux tu pas d’abord quelque chose à boire ?

Non merci, Figus, le jour va bientôt arriver, et je ne voudrais pas que l’on me surprenne à un endroit ou je ne suis pas censé être.

Tu es un homme beaucoup trop secret Damian. Un jour, ca va te jouer un tour.

Ils ont eu toute la vie pour me jouer des tours. Ne crois tu pas qu’ils l’auraient déjà fait s’ils en avaient eu l’occasion ?

Certes. Bon, puisque tu insistes, le voilà.

L’objet était caché sous un torchon un peu sale, qui semblait avoir été découpé dans un vieux drap jauni.

Je préfère te prévenir que c’est une chose extrêmement précieuse, presque autant qu’elle est dangereuse. A ne pas mettre entre toutes les mains.

Je tâcherai de m’en souvenir, dit Damian en glissant le vieux torchon sous son manteau. Il faut que je me sauve, mais je te rendrai visite plus tôt, la prochaine fois, et nous bavarderons un peu.

Je l’espère bien, Damian, j’en ai assez de n’être que ton intermédiaire.

Oh, mais tu es bien plus que cela, tâche de t’en souvenir. A bientôt.

 

Les portes se refermèrent, l’appartement plongea à nouveau dans le silence, et le corps de Damian s’infiltra dans la froideur de la nuit. Il refit la route dans le chemin inverse, et c’était comme si le monde s’était inversé. Sa folie était invisible, caché par l’absence de couleurs vives. Dans l’aube d’un matin naissant, le manoir retrouva son propriétaire, et les grandes portes de l’entrée se refermèrent sur sa sortie nocturne, gardant avec elle l’infinie volupté de cet intriguant secret. 

 

A suivre...

RB

Le 14/10/2012

 

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Image du Poltergeist d'Enfield

 

 

 


 

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 15:19

 

Cinquième chapitre (déjà) du second acte d'INITIUM qui vient souffler un petit vent de modernité futuriste au récit. Nous avions laissé William, notre héros, dans une fâcheuse posture alors qu'il s'était introduit par effraction dans la maison de la famille Wallace, victimes d'un poltergeist qui avait tué leur enfant quelques jours plus tôt. alors que celui ci s'apprétait à repartir, le coule semblait être sur le point de rentrer à la maison. Ce cinquième chapitre n'est donc pas celui de la fin, mais plutôt celui des révélations. Des révélations qui vont en intriguer plus d'un... car tout est lié ! Je vous laisse découvrir tout ça, en espérant que cela vous plaise, et vous donne envie de lire la suite, qui arrivera très bientôt. 

 

http://blaberize.com/wp-content/uploads/2009/11/city-island-fantasy-wallpaper.png

 

Faites bien attention où vous mettez les pieds, nous sommes sur une scène de crime, dit une voix d’homme après avoir refermé la porte aussi doucement que possible.

Ne m’apprenez pas ce que je dois faire. Je sais très bien où nous sommes.

Où est la chambre de l’enfant ?

A l’étage. Les parents l’avaient aménagée depuis la dernière fois. L’enfant devait y vivre paisiblement.

Il ne faut surtout pas qu’ils sachent. Personne ne doit savoir pour cet enfant.

Bien sûr, personne ne le saura. Il faudrait être fou pour en parler à quiconque.

De toute évidence, les Wallace étaient encore au poste de police. Les voix des deux hommes étaient dissemblables. La première était étonnamment grave et quelque peu usé par la vieillesse, tandis que la seconde semblait plus inexpérimentée, car on pouvait y déceler un soupçon d’appréhension. Qui étaient ces hommes qui avaient réussi à avoir la clef du domicile des Wallace ? Etaient-ils des policiers ? Des enquêteurs du même genre que William ? Ou encore des sbires de Damian ? Nul ne le savait, mais cette affaire devenait décidément de plus en plus étrange, et William, encore caché dans le couloir de l’étage, avait la nette intuition qu’il n’aurait jamais du se trouver ici.

Relevez toute les traces. Les empreintes ne doivent pas être prises à la légère. Si jamais ils découvrent ce que nous savons, cela risque de bouleverser notre monde et de ficher en l’air l’intégralité de notre couverture.

Ils ne découvriront jamais la vérité. Ils sont tellement férus de leur technologie de contrôle et de fichage public qu’ils ne voient rien de ce qui se passe autour d’eux. Tout est pourtant relié. A chaque fois que quelqu’un fait un pas, ils savent où il va, ce qu’il fait. On sait ce que vous achetez, et ou vous le mangez. C’est effrayant, vous ne trouvez pas ?

Ils ont toujours voulu tout contrôler, c’est dans leur nature. C’est une juste évolution, et un effrayant retour des choses. 

Certes, mais même pour nous c’est… intriguant.

Vous apprendrez bien des choses, Alistair. Malgré tout, vous devez absolument garder le discernement et le sang froid nécessaire pour ne pas vous sentir impliqué.

Alistair. Un nom bien étrange, pour deux individus bien mystérieux. William se fichait un peu de savoir qui ils étaient en cet instant, ce qui le tourmentait le plus était de savoir comment il allait sortir d’ici. Les fenêtres de l’étage étaient bien trop hautes, et la dernière envie qu’il avait était de se casser quelque chose. Mais un dialogue beaucoup plus inquiétant chassa ses réflexions. Il provenait sans doute de la cuisine, car on ne l’entendait que par écho.

Quelqu’un est entré par ici. Alistair, faites ce qu’il faut pour savoir qui c’est.

Tout de suite, monsieur.

Un léger bruit électronique résonna, puis ce qui ressemblait à un scanner sembla s’activer. Quelques secondes après, une voix féminine emplit la pièce : « Individu détecté ».

Il s’agit d’un dénommé William Devon. Un père de famille en instance de divorce. Il habite à seulement quelques kilomètres d’ici, dans une maison de banlieue sur Lake Street. 38 ans. Il n’a pas de travail. Ce n’est qu’une personne comme les autres, monsieur. Pas de quoi s’inquiéter.

Ou est il en ce moment ?

A l’étage du dessus. Il se cache.

Nous savons que vous êtes là, monsieur Devon, cria le plus âgé. William eut un frisson dans tout le corps. C’était un coup de théâtre auquel il ne s’attendait pas. Si ces individus étaient pacifiques, ils représentaient pour lui un chemin tout tracé vers la sortie. S’ils ne l’était pas, c’était bel et bien un chemin, mais vers l’enfer. William attendit, toujours prostré à l’angle de l’escalier du haut, espérant que les deux individus partiraient sans demander leur reste. Il n’y croyait pas vraiment. Il priait, plutôt. Mais apparemment, ceux ci ne semblaient pas décidés à s’en aller.

Monsieur Devon, nous ne vous ferons aucun mal. Nous sommes ici par hasard, comme vous. Si vous vous montrez à nous, vous pourrez partir.

Monsieur, il s’est introduit par effraction dans une maison qui ne lui appartient pas.

Taisez vous, Allistair, trancha l’autre. A votre avis, reprit il en chuchotant, que venons nous de faire il y a à peine 5 minutes ?

Allistair se tut.

N’ayez pas peur de nous, monsieur Devon.

William descendit marche après marche, le cœur battant la chamade. Il ne savait pas du tout dans quoi il s’embarquait, mais il aurait fait n’importe quoi pour ne pas être là lorsque les Wallace rentreraient de leur interrogatoire. Il avait l’intuition que ces individus étaient là ou ils n’auraient pas du être, eux aussi. Et c’est ce qui le confortait dans son choix de se montrer à eux, avant de partir par où il était entré. Il ne dit pas un mot jusqu'à arriver à l’entrée de la cuisine, ou les deux hommes se tenaient devant lui. Ils étaient pour le moins étranges. Le premier, plus âgé, comme l’avait imaginé William, portait une longue barbe grisonnante, et avait des yeux en amande au regard très profond. Il semblait, tout comme Damian, appartenir à une autre époque. C’était comme si il avait voulu se camoufler dans la modernité en portant des habits nouveaux dans une mode qui n’était pas la sienne. William ne crut pas une seule seconde à la supercherie, il imaginait mal un vieux monsieur portant un sweat a capuche et un jean délavé. De même pour le jeune homme, aux cheveux noirs et hirsutes, le dos légèrement courbé et un sourire en faux. C’est alors qu’il remarqua leur grandeur inhabituelle. Bien que le plus jeune semblait plus petit que l’autre, ils devaient faire tous deux dans les 1 mètres 85 passé, et ne semblaient pas s’en soucier le moins du monde. Ils étaient d’autant plus étrange qu’il s’agissait de personnes que William n’avait jamais vues. Mais même sans cela, il se dégageait d’eux une troublante aura de mystère.

Bonjour, monsieur Devon. Nous ne voulons pas savoir ce que vous étiez en train de faire ici. Nous n’allons pas vous dénoncer aux autorités. Tout ce que nous voulons c’est que vous partiez, sur le champ, et que vous disparaissiez de ce quartier. Si nous ne disons rien sur vous, c’est pour que vous fassiez de même à notre égard. Vous pourriez faire cela, si nous vous laissions partir ?

William hocha la tête, en silence. Il passa de nouveau par la porte de derrière, enjamba la clôture du jardin touffu et non entretenu, et regagna en silence sa voiture, encore abasourdi par ce qu’il venait de voir. Il était évident qu’il allait garder ça pour lui, sans quoi on le prendrait certainement pour un fou. La seule personne à qui il pouvait en parler était Damian, qui serait certainement curieux de cette bien étrange rencontre. Il démarra sa voiture, dans le silence du soir tombant, et perçut à nouveau l’absence de tout. Il lui semblait qu’en quittant la rue, il retournait enfin à la civilisation, disparaissant à tout jamais de cet univers parallèle. Pourtant, bien des questions lui venaient en tête. Et il avait plus que jamais envie d’en trouver les réponses.

Pendant ce temps, dans la maison, l’enquête avait repris, et la tension battait son plein entre Allistair et ce qui semblait être son mentor.

Faites le ménage, Allistair, voulez vous ? Ne laissez aucune trace de nous. Rappelez vous que personne, je dis bien personne ne doit nous voir.

J’ai activé le brouilleur d’identité, monsieur. Les voisins ne s’apercevront même pas que les Wallace ont eu de la visite.

Bien. Il ne faut pas éveiller les soupçons. Cherchez la relique, elle doit bien être quelque part.

J’ait fait un scanner virtuel de la maison, monsieur. Il n’en trouve aucune trace.

Evidemment, elle dispose d’un brouilleur. Personne ne peut la trouver sauf celui qui sait ou elle est cachée. Et nous le savons, n’est ce pas ?

Je me mets de ce pas au travail, monsieur.

Faites vite. Si la famille rentre, nous reviendrons un autre jour, lorsqu’ils seront absents.

Un minuscule bip chassa l’homme vieillissant de ses pensées. Il activa la balise qui était solidement harnachée à sa hanche, et un écran virtuel apparut aussitôt, avec la tête d’un homme encore bien plus vieux que lui. En comparaison, il devait avoir la cinquantaine.

Bonjour, maître Demius. Que puis-je pour vous ?

Avez vous trouvé ce que nous cherchions, Ethan ?

Pas pour l’instant, maître, mais le jeune Alistair emploie toute sa force pour le faire le plus vite possible.

Bien. Personne ne doit être au courant que nous avons passé la frontière. L’époque est déjà assez belliqueuse sans que nous ne soyons accusés de violation de traité sur le territoire.

Bien sûr, maître, je le comprends.

Tenez moi au rapport dès que vous aurez terminé.

Un léger grincement se produit alors de l’autre côté de l’écran. Demius regarda attentivement son fils. Il sut qu’ils n’étaient désormais plus écoutés, et entreprit de lui dire quelques mots seul à seul.

Fiston, fais gaffe ou tu mets les pieds, l’anomalie est presque résorbée.

Père, ce n’est plus à vous de me dicter ma conduite. Je fais ce que le Conseil me demande, rien de plus.

Le Conseil est très puissant, mais pas assez pour endiguer les forces qui le corrompent. Nous sommes encore en des temps incertains. Agis avec prudence.

Je dois aider le jeune Allistair, père. Le pauvre est malheureusement encore indécrottable.

Communication privée terminée, fit Demius avant de disparaître dans un néant de pixel.

Beaucoup de choses avaient changé dans ce monde, mais certaines restaient pourtant immuables.

 

A suivre... 

RB

Le 12/10/2012

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 20:01

Une tragédie violente survenue brutalement. Une maison au passé trouble. Un enfant hanté par des visions sombres. Un homme obsédé par l'étrange et le surnaturel, dont les méthodes ne sont pas toujours des plus légales. Il n'en fallait pas plus pour introduire le quatrième chapitre du second acte d'INITIUM, dans lequel vous allez faire connaissance avec une atmosphère oppressante, et repartir la peur au ventre. A moins que vous ne repartirez pas du tout... 


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Tout l’univers aurait pu être désert que cela n’en aurait pas été plus vide qu’ici, en cet instant. C’est la première des choses dont William fût frappé : aucun enfant pour jouer dans la rue, aucune fenêtre ouverte avec une musique qui passait à la radio. Le monde continuait certes à tourner, mais ici il le faisait dans une léthargie caractéristique des veillées funèbres. La folie semblait être à deux doigts de prendre le pas sur la tristesse, mais une folie plus douce encore : celle de la terreur.

 

Toutes les portes des maisons alentour étaient fermées, attendant une sorte de bénédiction pour pouvoir à nouveau s’ouvrir. Le ciel d’un noir de plomb était là pour le prouver : ici, la tragédie d’un destin auquel personne ne semblait s’être attendu avait pourtant frappé de plein fouet le voisinage. Lorsque William voulut frapper chez les gens pour demander des renseignements sur ce qui s’était produit ici, il semblait n’y avoir personne. Les maisons étaient bien éclairées, mais les esprits semblaient avoir basculé dans l’ombre. Une violente bourrasque de vent balayaient les feuilles sèches qui trainaient encore sur les trottoirs.

 

Il restait encore les banderoles jaunes de la police, qui avait mis les lieux sous scellés. Même si l’absence était palpable, William pouvait percevoir un regard. Il faisait jour comme en pleine nuit, mais il se sentait observé, traqué, par un curieux qui ne voulait apparemment pas se faire connaître. Le quartier avait du être beau, vivant, se disait-il. Mais peut être ce qu’il sentait n’était-il que le souffle de la mort, qui s’était un peu attardée en chemin avant de reprendre son interminable manège. Certainement que le deuil de la vie d’un enfant prend plus de temps que celui de n’importe qui d’autre.

 

William savait qu’il n’était pas le bienvenu, et que jamais les parents Wallace n’accepteraient de le recevoir. Mais aujourd’hui, ils n’étaient pas là. Aujourd’hui, ils étaient encore entendus par la police, qui ne voulait écarter aucune piste, aux premières heures d’une enquête qui aurait du être mené il y a déjà trop longtemps.

Une tragédie n’attend pas d’être débusquée, elle s’insinue dans le cœur des gens comme un liquide noir et profond, qui vous emplie bientôt tout entier sans que vous ne vous en rendiez compte. Elle empoisonne peu à peu chaque cloison de votre existence, s’empare de vos rêves les plus secrets et frappe enfin, lorsqu’elle a obtenu de vous toute l’agonie nécessaire pour se déployer. William avait choisi une journée sombre comme la nuit la plus noire, pour à son tour pénétrer l’atmosphère dans laquelle avait vécu cet enfant pendant de longues années avant de succomber à une pression trop forte, et que le masque retombe dans un flot de sang et de fureur.

 

Ce jour là, il entra par la petite porte de derrière, celle qui donnait sur le jardin, que les Wallace oubliaient souvent de refermer lorsqu’ils partaient de chez eux. Quel qu’en soit la raison, c’était Damian qui lui avait fourni cette précieuse information. Jamais avare en mystères, il lui avait tout de même certainement caché certaines petites choses, mais il justifiait cela par le fait que lui même n’avait pas été prêt à les découvrir lorsqu’ils les eût apprises. Une grande cuisine, pleine d’ustensiles de dernière génération. Il régnait encore l’odeur du repas de la veille, dans une légère brise qui s’engouffra par l’ouverture lorsque William pénétra dans la maison.

Tout semblait à sa place, y compris la table au milieu, avec 4 chaises rabattables, incrustées sous la nappe, deux de chaque côté. En face, une néo télévision à l’arrêt diffusait une petite lumière rouge par son bouton d’allumage, qui se reflétait sur le plafond comme une projection sanglante. Des légumes et des fruits lyophilisés trônaient dans une petite corbeille en inox posée près du meuble de rangement des ustensiles de cuisine. Mais ce qui frappa le plus William dans cette pièce, c’était cette odeur d’enfance. Il lui semblait encore entendre les rires et les supplications du repas familial, lorsqu’ils étaient encore 3 dans la maison.

 

Il se dirigea lentement vers le couloir, sombre et étroit. Sur la droite, une porte. William l’entrouvrit, pour découvrir qu’il s’agissait de la salle de bain. Il ne s’attarda pas, et fit quelques pas jusqu’au salon. Par terre trônaient encore des jouets qui avaient appartenu à l’enfant. Une console de jeu était posée sur le meuble télé, avec le récepteur de mouvement et le casque d’immersion. Le canapé était replié, rien d’intéressant à voir ici si ce n’était l’opulence certaine dans laquelle les Wallace étaient installés. Ce qui était assez surprenant, car ce genre d’événement dit « paranormal » se produisait souvent dans les classes dites moyennes, voire les moins aisées, celles qui n’avaient aucun moyen de payer un traitement. Si le contexte changeait, ce devait donc être tout le reste qui en était chamboulé. Soudain, William entendit des craquements sourds qui provenaient de l’escalier qui menait à l’étage. Il se redressa et écouta. Les craquements disparurent peu à peu, comme des bruits fantomatiques. Peut être le vent, ou les tuyaux, ou alors… le premier signe, se dit-il.

 

Il n’était guère effrayé par ce genre de manifestations. Au contraire, elles accusaient en lui une curiosité encore bien plus maladive qu’elle ne l’était d’ordinaire. Il quitta le salon, et entreprit de monter les premières marches du grand escalier en béton. Pas de plancher, donc aucun risque de craquement. Pourtant, c’était bien cela qu’il avait entendu. Une seconde salle de bain en haut, avec 3 brosses à dent, dont une plus petite que les autres.

 

Pour cette famille, l’enfant ne disparaîtrait jamais. Ils laisseraient certainement ses jouets en place dans le salon, son cartable posé dans un recoin de la cuisine, et ne toucheraient plus à sa chambre, gardant de son souvenir palpable une enfance figée dans le néant, comme une relique sacrée d’un temps qui ne serait jamais vraiment parti, sans pour autant que l’on puisse le retrouver. Cela resterait à tout jamais une anomalie temporelle, jusqu'à ce que leurs tempes grisonnantes parlent pour eux et leur révèle l’absurdité que représentait ce refuge dans le passé. Ils ne se rappelleraient certainement que des meilleurs jours, des rires et des jeux, des câlins et des histoires contées à la chaleur d’une lampe de chevet, fantastiques et immortelles. Et puis le temps ferait le ménage, et effacerait de son ardoise ce que la vie leur devrait pour toujours. L’injustice du monde était flagrante, mais elle était ainsi pour chacun, et la perte d’un enfant représentait une deuxième fin d’une innocence qui ne cesserait de disparaître mais que tous voudraient retrouver.

 

La chambre de l’enfant. Exactement comme William l’avait devinée. Pleine de couleurs et de jouets. Remplie d’une vie qui ne resterait que factice, mais aussi froide que la mort. Il faisait bien plus froid ici que dans le reste de la maison. Le plancher chauffant était pourtant allumé, mais William grelottait. Il décidait de ne rien provoquer ce soir, simplement d’observer. Mais il était irréfutable que quelque chose d’étrange résidait dans cette maison. Il y avait une quatrième personne entre ces murs, et elle se jouait des trois autres comme un marionnettiste pervers et effroyable. Il lui semblait peu à peu pouvoir reconstituer la violence de la scène, sans avoir plus de détails que ceux donnés par Damian. Il régnait tout de même un étrange vide. Pas de posters accrochés au mur.

Lorsqu’il fouilla un peu la chambre des parents, ce fut clair que c’était un manque délibéré. Dans les albums photos, qui retraçaient certaines des périodes les plus marquantes de leur vie, il manquait des clichés, certaines portions étaient vides alors que la page suivante et toutes les autres étaient soigneusement remplies. Il trouva une importante liasse de billets dans ce qui ressemblait à un coffre à bijoux. Il devait bien y en avoir deux cent là dedans. Comment la police avait pu échapper à ça ? Sans doute avaient ils été déposés là après la perquisition. William resta encore un peu à l’étage, pour s’imprégner de cet atmosphère si étrange, de cet air si froid et vivifiant. Il redescendit enfin l’escalier du premier étage, bredouille. Pas tout a fait.

 

Le bruit d’une clef dans une serrure. Il se figea. Lorsqu’il entendit le premier déclic, il était encore en haut de l’escalier. Il courut les quelques marches pour remonter. Un étage le séparait maintenant de sa porte de sortie, et il avait laissé celle donnant sur le jardinet légèrement entrouverte, afin de pouvoir repartir comme il était venu. Manque de chance, les Wallace étaient semble-t’il rentrés plus tôt que prévu… 

 

A suivre...

RB

Le 11/10/2012

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 20:32

Nous poursuivons notre visite dans le futur avec le second acte d'INITIUM, ou William, notre héros sombre et tourmenté, fait un visite à un bien étrange individu, tout aussi étrange d'ailleurs que l'histoire qu'ils vont partager ensembles... Je vous laisse découvrir tout ça, et vous donne rendez vous prochainement pour la suite. 

 

http://digital-art-gallery.com/oid/66/600x721_12001_Старый_солдат_2d_fantasy_old_man_soldier_picture_image_digital_art.jpg

 

Ce monde est en train de changer, maugréa le vieux Damian, alors que sa longue cigarette lui brûlait déjà les lèvres. Nous ne sommes plus ce que nos ancêtres attendions de nous, c’est une chose à laquelle nous devons nous habituer. Beaucoup de choses bien trop étranges se passent pour que nous ne puissions l’ignorer.

Entendez vous, Damian. On dirait un vieux légionnaire de la guerre de cent ans à la retraite, renchérit William.

Peut être un jour, lorsque votre raison aura pris le pas sur votre folie, vous me jugerez un peu moins sévèrement.

Damian souriait à demi, et la commissure de ses lèvres dessinait peu à peu la sagesse de ses longs traits filiformes, qui se terminaient par un regard malicieux et sûr de lui. Il avait évolué dans la haute société d’une époque qui semblait aujourd’hui révolue, pourtant il avait gardé les goûts vestimentaires d’alors. Il portait toujours de longs vêtements amples, comme s’il s’était agi d’une sorte de mage, amer et secret, qui ne paraissait jamais être le même dans la rue que dans sa propre demeure. Tout chez lui soulignait sa différence, autant sa perspicacité que ses connaissances légendaires en matières de choses étranges et inavouables. Elles étaient devenues plus qu’une vulgaire obsession, elles représentaient maintenant l’ensemble d’une vie entière de recherches et de connaissances. Il tentait, par quelques touches, pourtant, de s’adapter au monde. L’une d’elle flottait au dessus de lui comme un esprit fantomatique : la fumée de sa cigarette, qui emplissait chaque jour un peu plus la pièce qui lui servait de séjour. Mais Damian était bien plus qu’un allumé, c’était un véritable érudit, il savait souvent tout avant tout le monde, car il n’ignorait pas non plus ou trouver ce qu’il cherchait en permanence : une autre vérité que celle qu’on servait dans les torchons de la ville. Une autre réalité derrière cette femme tombée tragiquement dans le puits synthétique de son jardin alors qu’elle allait y puiser de l’eau.

Derrière ce drame épouvantable d’un mari qui avait tué toute sa famille par une nuit d’orage, ou de cet autre  qui avait perdu la raison par une sordide nuit de pleine lune. C’était un être affable, parfois même trop, si bien que certaines des conversations que l’on avait avec lui lorsqu’il était lancé ressemblaient ni plus ni moins qu’a d’incessants monologues. William l’avait rencontré alors qu’il exerçait le métier de professeur à l’Université linguistique en tant qu’expert en sociologie. Presque aucune légende n’avait de secret pour lui, et il était sans doute le plus à même de décrypter les tendances de plus en plus violentes des prochaines. Lorsqu’il déposa quelques cendres dans l’éco cendrier holographique et que celui ci disparut comme il était venu, Damian ne put s’empêcher d’observer le regard que portait sur lui cet être deux fois plus jeune que lui, qui était, lui aussi, en quête éternelles de réponses à des questions qui jadis, l’avaient lui aussi tourmentées.  Ils n’étaient pas de la même lignée, pourtant il semblait déceler en lui la même agonie provoquée par l’impatience, chaque jour plus tenace.

Vouliez vous boire quelque chose, mon cher Will ? C’est moi qui invite.

Non merci, Damian, j’ai pour principe de ne jamais boire le matin. J’attends que le soir tombe pour cela.

A votre guise. Moi, en tout cas, je ne vais pas m’en priver.

Il se leva et parcourut le reste de la pièce, chargée d’une forte odeur de tabac, pour aller se servir un verre, tout en continuant de parler à son invité plus ponctuel et matinal que lui même ne l’avait jamais été.

Une histoire bien fâcheuse que celle qui est arrivé à ce pauvre petit Wallace. Il ne s’en est malheureusement pas remis, la maladie se sera chargée de le ronger, en ne laissant pas une place à la vieillesse.

Vous savez ce qui s’est passé là bas ?

Certains disent que les médicaments n’ont pas eu l’effet escompté, d’autres que les coups du père ont quand à eux portés leurs fruits. Si vous voulez mon avis, il y a autre chose.

Vous avez de quoi creuser une piste ?

Oh, mais mon pauvre ami, je l’ai creusée depuis longtemps. Voyez vous dans ce monde, il faut toujours être plus rapide que les actualités, sans quoi une piste est déjà froide. Il ne reste plus aucune viande attachée à l’os lorsque les vautours ont tourné autour pendant des jours.

Et ou vous a mené votre enquête ?

La maison. Elle appartenait autrefois à un certain Auguste Brandy, qui l’avait acheté pour une bouchée de pain à l’époque de la troisième révolution industrielle. Ces murs là n’ont jamais été ni repeints ni retouchés depuis. C’est un sombre maison de banlieue, à l’allure assez austère, disposant d’un jardin sous forme de courette, et d’un assez splendide premier étage, avec un balcon en terrasse, qui a fait jadis la fierté des propriétaires les plus fortunés. Depuis l’aménagement des Wallace et de leur fils unique, il n’a plus jamais été utilisé, et accusait le poids des années, de la poussière et de la décrépitude. Les Wallace étaient une famille sans histoire, leur fils allait à l’école du coin, il suivait une scolarité tout à fait normale. Rien a signaler de plus étrange que dans n’importe quelle famille de la région.

Mais alors, qu’est ce qui cloche ?

Vous êtes toujours trop pressé, William. Laissez moi donc replacer les choses dans leur contexte. C’est que l’ancien propriétaire, un dénommé Dennis, était connu dans tous boui-boui alentours comme un parieur, flambeur et buveur invétéré. Il n’avait que 30 ans lorsqu’il est mort, tabassé par des créanciers un peu trop attachés à leurs biens, dans les murs mêmes de cette maison. Il n’y eut bien sûr aucun relent de cette histoire dans la presse, la compagnie qui s’occupait de la vente de la maison ayant préféré régler les choses à sa façon pour ne pas avoir à vendre le terrain pour une bouchée de pain. Naturellement, les Wallace n’étaient pas non plus au courant des faits. Il se trouve que la pièce qui servait autrefois de salon et dans laquelle Dennis a été sauvagement assassiné n’était autre que la chambre de Peter. Il se passa 5 longues années sans que la famille ne décèle la moindre anomalie dans la maison. Mais à l’aube de la sixième année, et alors que le petit en fêterait bientôt 7, il se mit à avoir un ami imaginaire. Chose dont ses parents ne se sont pas inquiétés, du moins au début, ce genre de choses étant très courant chez les enfants de cet âge. La mère surveillait tout de même son fils d’un œil, pour qu’il ne se renferme pas trop sur lui même. C’est alors que le petit Peter s’est mis à manifester des choses très étranges tout autour de lui. Cela a commencé par les chats du quartier. Ils étaient une bonne dizaine lorsque le couple avait emménagé, et le voisinage rappelait sans cesse la mairie à l’ordre pour qu’elle s’occupe de cette histoire de chats sauvages.

Je connais ça, vous pouvez me croire.

C’est le lot de chacun. Mais ce qui ne l’est pas, c’est ce qui est arrivé à ces chats. Une nuit où il n’arrivait pas à trouver le sommeil, le père de Peter se troubla lorsqu’il écouta silencieusement les bruits de la rue. Ce qui lui parut très étrange, c’est qu’il n’y en avait aucun. Aucun miaulement, aucun bruit près des poubelles qui aurait pu suggérer une intrusion quelconque. Le lendemain soir, ses soupçons se confirmèrent : tous les chats du quartier avaient disparu. C’était une chose ma foi assez anodine, ils avaient bien pu trouver refuge ailleurs. Ce que je pense, c’est que quelque chose les a effrayés. Quelques mois plus tard, des portes claquaient dans la maison, la nuit. D’autres s’ouvraient toutes seules, les robinets d’eau passaient de l’eau glacée à l’eau bouillante, ce qui surprit de nombreuses fois la mère en train de faire tranquillement la vaisselle dans la cuisine. Des odeurs bizarres et des trous d’air s’insinuaient dans les pièces, la plomberie était capricieuse. Les parents commencèrent naturellement à s’inquiéter pour leur enfant, qui grandissait dans ce milieu des plus singuliers. Et puis les phénomènes cessèrent. Pas pour Peter, vous vous en doutez. Il devenait de plus en plus étrange, ses camarades de classe s’éloignaient peu à peu de lui, et le pauvre gamin tourmenté n’avait d’autre choix que de s’enfermer dans sa solitude. Il devenait de plus en plus clair que quelque chose n’allait pas. Il restait enfermé des après midi entiers dans sa chambre, chaque fois que son temps libre le lui permettait. Les derniers évènements eurent lieu il y a deux semaines, après qu’il se soit fait analyser de fond en comble par toutes sortes de docteurs peu scrupuleux. Certains allaient jusqu'à fausser les diagnostics pour prolonger les soins. Malgré toute l’attention que lui portaient ses parents, le petit maigrissait à vue d’œil, jusqu'à devenir presque famélique, si bien qu’on soupçonna même un temps les parents de maltraitance. Mais il n’en fut jamais rien, car les Wallace étaient des parents aimants. Peter en vint même à parler de plus en plus mal, à leur proférer des injures. Une fois, une seule, il n’est pas rentré après l’école. Il est revenu, titubant au petit matin, ivre comme un tonneau, et proférant des insultes de charretier. Plutôt étonnant, pour un gamin de son âge, vous en jugerez. Le reste ne fût que décadence. Son corps n’arrivait pas à suivre, il se détériorait tandis que le gosse mangeait de moins en moins. Et puis vint ce jour tragique où il s’étouffa dans son sommeil. Le pauvre était tout bleu quand on le retrouva, inerte dans les draps de sa chambre encore froissés par une nuit agitée. C’était il y a précisément 5 jours.

Vous m’impressionnerez toujours, Damian. Comment avez vous réussi à savoir tout ça en si peu de temps ?

Je vous l’ai dit, j’ai mes relations. Pour ce qu’elles me servent, autant qu’elles fassent bien le boulot pour lequel je les paie le triple de leurs autres employeurs.

Vous avez été dans cette maison ?

C’est ici que mes compétences s’arrêtent. Je suis le cerveau, vous êtes les sens, William. Allez donc y jeter un coup d’œil, voir si vous arriver à glaner quelques informations qui m’auraient échappé.

J’y vais de ce pas, dis William en se levant de son confortable fauteuil en cuir marron.

Et… William ?

Oui ?

Faites attention. Il a essayé de s’emparer de l’enfant, et il a réussi. Il s’en faudrait de peu pour qu’il n’en vienne à s’emparer de vous. 

 

A suivre... 

RB

Le 08/10/2012

 

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