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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:16

 

Qu'est ce que ça fait d'être addict ? Je ne le suis pas, mais j'ai essayé de me mettre à la place de quelqu'un qui l'est bel et bien. Toute ressemblance avec une situation réelle est purement fortuite. 

 

 

 

Mon Impatience a des limites

 


Alors comme ça tu t’impatientes, tu t’indisposes

Les gens voient bien que tu as envie d’autre chose

Mais ils ne peuvent y remédier car après tout

Ils savent bien que tout n’est qu’une affaire de goût

 

Tu les devines, ces regards biaisés et mielleux

Qui dévisagent les jeunes autant que les petits vieux

Il traîne dans l’air un parfum de révolte moisie

Et les Soixante-huitards sont au chaud dans leur lit


 

Je ferais tout pour toi, mais pas tout de suite

Je ne suis pas encore prêt à aller trop vite

Je ferais tout pour toi, même l’illicite

N’importe quoi car ma patience a des limites

 

 

T’as pas la côte, on t’interdit les lieux publics

Mais tu t’en fous, tu te caches quand même dans les cliniques

Les diagnostics et les cancers, ce n’est pas ton fort

Ca fait trente ans que l’on t’accuse, et pas à tort

 

Tu vois, je t’aime en compagnon après l’amour

Ou le café du soir, ou au lever du jour

Je sais que l’on m’engueule si je dis que t’es très jolie

Mais si je t’aime en fait, c’est parce que c’est interdit


 

Je ferais tout pour toi, mais pas tout de suite

Je ne suis pas encore prêt à aller trop vite

Je ferais tout pour toi, j’pète une durite

Mes nerfs se fendent, mon impatience a des limites


 

Je sais que tu pleures les soirs où je ne suis pas avec toi

Tu mets le paquet pour que je te prenne dans mes bras

Et tu m’enfumes, tu m’dévisages et tu m’souris

Alors que tu m’condamnes direct aux piloris

 

Tu m’exaspères mais tu es la came de ma vie

Si je pouvais, je te ferais trois mioches, j’srai ton mari

Mais alors bien trop vite, tu te consumerais

Avec mes économies tu pars en fumée


 

Je ferais tout pour toi, même l’insolite

Je ne suis pas encore prêt à connaître la suite

Je ferais tout pour toi, mais ça s’complique

Quand mon plaisir devient un désir maléfique

 

Je ferais tout pour toi, si tu m’sollicite

J’srai même prêt à bosser dans une baraque à frites

Mais pour l’instant, je ne veux pas, tout va trop vite

Pour toi ma douce, mon impatience a des limites

 

 

Je voudrais t’embrasser, te faire l’amour, te foutre en cloque

Que je puisse quitter ce foutu bosh qu’est mon coloc’

Mais il faut s’rendre à l’évidence, la vie n’est pas un troc

Je vois la réalité en face tu n’est qu’une clope !

 

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R.B 

Le 18/04/2012

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:30

http://favim.com/orig/201106/02/creepy-dark-dolls-photography-scary-Favim.com-63560.jpg 

 


Pourquoi tout ce mystère qui entoure le monde de l’indicible ? Pourquoi vouloir paraître invisible à ce qui l’est, sinon par pure hypocrisie ou par crainte de la puissance que pourrait dégager le matériel si elle était confrontée à l’irréel ? Ethan n’était pas sensé ignorer que des forces incommensurables s’agitaient bien au dessus de lui sans jamais qu’il en ait pris connaissance. Pourtant, tout comme il avait commencé à croire en ces choses lorsque ses convictions enfantines avaient disparues dans la fumée de la désillusion, il savait qu’il ne devait pas écraser cette créature. Pire encore, il se soupçonnait même de croire profondément à une honnêteté de sa part.

Lorsqu’il voyait ce court visage frêle et minuscule qui, par son regard même, implorait la pitié, il ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine forme d’empathie pour laquelle les dirigeants du Conseil l’auraient immédiatement conduits au bûcher. . La minuscule créature le regardait avec des yeux ahuris, paralysée par la terreur. Ethan relâcha son étreinte, et celle-ci s’envola au loin en émettant un petit rire malicieux. Ethan, n’écoutant que son instinct, n’ayant que cet être à qui se raccrocher, entama une course à son tour. Il fit front face aux branches et à la forêt envahissante. Il déjoua les pièges des racines enchâssées, mais le petit être de lumière allait beaucoup trop vite pour lui. Il la supplia : « Attends », cria t’il, comme s’il espérait que tous ses efforts allaient changer quelque chose.

 

La créature s’était faite capturer une fois, elle n’allait pas réfléchir une seconde quand au sort qui lui était réservé. C’est ce qui fait la différence entre l’instinct sauvage et domestique : l’un se laisse prendre volontiers plusieurs fois dans les mêmes pièges tourmentés, le second n’a pas idée d’y retourner. Il est comme un animal fourbu effrayé par la tempête : un cheval sous l’orage, peut importe l’endroit du monde ou il se trouve, ou d’où il vient, va s’affoler et même souvent faire chuter son cavalier.

Il en était de même pour toutes les créatures sauvages. Et vivre toute une existence dans cette forêt pousse à la vigilance, qui plus est lorsqu’on ignore l’identité et la force de la prochaine créature qui va y être envoyée.  Lorsqu’il la perdit de vue, il se rendit compte qu’il s’était tellement éloigné du sentier qu’il lui serait presque impossible de retrouver son chemin. Il fallait se rendre à l’évidence : en se perdant dans ses limbes, il s’était sans doute condamné lui-même.

 

Le paradoxe ultime était la raison pour laquelle il avait suivi la fée des bois : pour lui demander le meilleur chemin à suivre. Il n’eut malheureusement pas le temps de s’apitoyer sur son sort, car lorsqu’il se retourna, il la vit. Elle se tenait là, perchée au dessus d’une clairière imaginaire, alors que l’on se trouvait au plus profond de la forêt, là ou personne ne pourrait s’aventurer, hormis par hasard. Le hasard ici, n’existait pas.

La maison, si. Elle était entourée d’une étrange clôture blanche et irrégulière, parfois ronde, d’autres fois pointue. En s’approchant le plus silencieusement possible, il s’aperçut qu’il ne s’agissait pas de bois mais d’os. Tout laissait à penser que c’était ceux d’animaux. Où peut être pire encore. Mais le plus surprenant était bien la demeure.

 

Une petite cabane en bois, assez atypiques des vieilles maisons allemandes. Elle était perchée sur 2 gigantesques pattes de volatile. Ces pattes venaient sûrement d’une créature colossale. La structure, bien que bancale et tordue, semblait tenir sur ses pattes.

Le « jardin » était étonnamment entretenu, ce qui parachevait l’inhabituel spectacle qui s’offrait aux yeux du jeune homme. La petite cheminée qui semblait en mauvais était, fumait encore. Il y avait donc bien quelqu’un ici. Quelqu’un qui avait voulu s’éloigner de toute vie, de tout être susceptible de le déranger. Pouvait-il s’agir de… Non, il ne fallait pas faire de conclusion hâtive. Ethan devait être sûr.

 

Les alentours n’étaient que ténèbres. Des arbres à perte de vue. Seul cet endroit semblait auréolé d’une fine lumière qui descendait tout droit du ciel. Un lumière aussi naturelle qu’artificielle, qui prodiguait une chaleur salvatrice comme l’aurait fait une couveuse dans une maternité. Soudain, Ethan entendit un roulis, comme si l’on tournait une manivelle.

Se préparant à se défendre, il fut d’autant plus abasourdi de voir les 2 grandes pattes s’abaisser petit à petit, et la maison sembler enfin accessible. Une voix se fit entendre : celle d’une très vieille personne. Nonchalante, aigrie mais qui inspirait pourtant une étrange confiance, comme un charme d’autrefois.

 

- Entre, mon enfant.

Il ne put la voir, la maison était plongée dans une ombre étrange, comme si des fantômes planaient au dessus pour garder éternel le secret de son intérieur indompté.

 

- Qui êtes vous ? dit Ethan sur ses gardes.

- Ne fait pas comme si tu ne le savais pas, répliqua la vieille. Je peux t’aider à retrouver ton chemin. Viens.

- Non merci, je préfère me débrouiller seul.

- Oh, mais tu n’as pas vraiment le choix. Tu finiras par mourir ici, si tu ne reçois aucune aide. Moi-même j’ai peur de m’aventurer dans cet endroit. N’aies pas peur, tout ce que l’on raconte sur moi, ce ne sont rien d’autre que des sottises pour effrayer les petits enfants. Viens.

 

Ethan se sentit happé par un enchantement extrêmement fort : il ne pouvait détacher ses yeux de la maison, et ses jambes se dirigeaient pratiquement seules vers elle. Il allait rencontrer la légendaire Baba Yaga. Il allait enfin voir son visage, connaître la suite de l’histoire. Comme un enfant qui attendait le récit du soir, il ne put s’empêcher de remarquer qu’il était fébrile : de savoir, de découvrir la vérité, et de peut être obtenir de l’aide qui lui permettrait de traverser ce labyrinthe réputé infranchissable.

N’écoutant que son désir, prêt à faire face à toute éventualité, Ethan franchit le mur infranchissable. Elle l’attendait dans le salon. Assise dans un fauteuil usé et racorni, elle avait le dos voûté. Elle portait un long châle, qui se terminait par une capuche qui lui couvrait presque entièrement le visage. Ne dépassait que son menton, pointu et strié de rides. La seule grande pièce de la masure sentait le renfermé. Pourtant, la porte était grande ouverte. Presque aucun meuble, on se demandait même comment elle faisait pour survivre, le grand Chef de Tribu avait dit vrai.


- Vous êtes… Baba Yaga ?

- Des étrangers m’ont donné ce nom il y a longtemps. Cela ne signifie rien. Pourtant, je m’y suis habitué. Cela fait fuir les opportuns. Je ne suis pas aussi puissante qu’on le dit. Mais toi, tu es plus courageux que les autres. Je t’ai senti approcher. Tu es encore très jeune. Qu’est ce qui t’amène par ici ?

- Je me suis perdu. Je cherche désespérément à sortir de cette forêt.

- Comme tant d’autres avant toi. Ils étaient jeunes aussi. Mais aucun n’était l’une de mes sœurs.


Ethan perçut une étrange mélancolie dans sa voix, teintée de colère. Il se rappela de l’histoire qu’on lui avait racontée. Elle n’avait pas eu de fin.


-  Votre vrai nom… c’est bien Ludmila, c’est ça ?

- Qui t’as dit cela ?

- Quelqu’un que j’ai rencontré. Quelqu’un qui m’a indiqué la route. Il m’a raconté votre histoire. Tout du moins ce qu’il en savait. Ses connaissances s’arrêtent lors de votre arrivée dans cette demeure, et avant votre rencontre avec sa première résidente, une certaine… Odessa, je crois.


La vieille ne put s’empêcher de sourire. Sous cette capuche, sous ce long châle gris rongé par les mites se tenait un esprit ancien, qui avait connu bien des épreuves et réussi à les affronter. Un puits de connaissances. De plus, Ethan savait qu’en la flattant et en lui remémorant tous ces souvenirs, il réussirait peut être à en obtenir quelque chose.


- Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas rappelé ces instants. Pourtant, je les ai bel et bien vécus. Mais as-tu le temps pour les histoires d’une vieille dame rongée par le remords ?

- Je suis simplement curieux de savoir ce qui a fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui.

- Tu sembles toi aussi hanté par quelques démons. A ton âge, c’est inhabituel. Je t’en apprendrais plus, mais tu dois m’en dire plus sur toi. C’est ainsi que l’on procède : un simple échange. Cela fait tellement longtemps que quelqu’un ne m’a pas raconté ce qui se déroule hors de ces murs de verdure.

- Je n’ai pas grand-chose à vous en dire, mais c’est d’accord.

 

Luttant pour ne pas céder au sommeil de la vieillesse, Baba Yaga se remit à regarder droit devant elle, tendrement, vers un passé qu’elle croyait perdu. Lorsqu’elle ouvrit la bouche à nouveau, celui-ci emplit la pièce et l’atmosphère, ils en furent tous les deux imprégnés.

Elle les ramena des décennies en arrière, du temps ou les parchemins jaunis racontant cette histoire n’étaient pas encore écrits. 

 

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R.B 

Le 15/04/2012

 

 


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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:25

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Ou l’on mesure tout le poids du sacrifice

 

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Le courage est en ce temps rare, si rare que ceux qui en sont dénués

Sont vus comme de sombres héros qui ne mettent en péril personne

Quand autrefois ceux par qui la guerre conduisait à la paix

Etaient vu de manière virile comme la fierté de tous les hommes

 

Pourtant il existe un ouvrage qui peut leur apporter la gloire,

Tant espérée et redoutée autant qu’elle en est redoutable

Elle parlera avec esprits en ne s’adressant qu’aux défunts

Ces forces de l’autre côté, colossales et indomptables

Et dont le visage émacié ne peut se voir en leur miroir

 

Pour que le Necronomicon prête allégeance à un seul maître

Celui-ci doit, dit-on apprendre à faire de son désir un vice

Et par  un jeune corps innocent qui n’a de beau que le paraître

Mesurer en un temps très court la vertu de son sacrifice

 

Si la jeune âme meurt rapidement, alors le parchemin se livre

Et avec lui tous ses secrets de désolation ancestrale

Il rendra son possesseur de son nouveau pouvoir trop ivre

Et sans doute aveugle pour voir qu’il sème autour de lui le mal

 

Le livre n’est rien qu’un instrument, un vecteur de la cruauté

Qui se sert de ceux qui, un jour, cherchent la vengeance ou la gloire

Pour se repaître des jeunes âmes en se donnant aux tourmentés

Qui n’auraient alors l’impression que d’avoir rempli leur devoir.

 

 

Palembra, homme d’esprit

Année Oreptre,

Cycle Necrominion verset 2

 

http://dark.pozadia.org/images/wallpapers/61357688/Demon/Demon%20Sacrifice.jpg

 


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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:32

INITIUM, c'est une quête de longue haleine, révélant des enjeux de pouvoirs, des conflits ancestraux et des sacrifices parfois difficiles. Celui raconté dans ces lignes en est un. Pourtant, il va jouer un rôle décisif dans la suite de l'aventure. En attendant de vous le révéler, je vous laisse prendre connaissance de la suite et fin du 24ème chapitre, avec l'introduction d'un nouveau personnage que vous avez déjà croisé (en quelque sorte) dans les annexes. Dur, mais nécessaire. 

 

http://fantasyartdesign.com/free-wallpapers/imgs/mid/ug-thronepower-m.jpg

 

Une effroyable douleur ne cessait de l’accabler, comme si ses os étaient pris sous la coupe de cette gigantesque main. Lorsqu’il se retourna, il vit que le géant avait un visage. Un teint bourru, des joues boursouflées, et des yeux d’un vert totalement hypnotisant. Il le dévisagea longuement, avant de l’entendre dire :

- QUI ES TU ?

- Je suis Helphias, membre du Conseil de la Cité Sombre. Je ne suis pas ici pour vous causer du tort, simplement pour m’emparer d’un livre, après quoi je m’en irai.

- Tu sais que je peux te broyer en seulement quelques secondes ?

 

A ce moment précis, Helphias sentit l’étreinte du géant s’amplifier avec le poids de ses mots, et ses os commencèrent petit à petit à se resserrer de plus en plus sur la maigre chair qui lui servait de protection. Il ne pouvait plus parler à présent, ses cordes vocales étaient comme contractées sous une puissance grandissante. Comment était-ce possible ? Comment une telle créature avait elle pu vivre dans cet endroit, se mouvoir sans qu’il ne s’en aperçoive, aussi courte que fût son introduction en ces lieux ? Beaucoup de choses l’avaient déjà ébahi, mais celle là dépassait tout ce qui avait déjà été fait auparavant. Le contact de cette main sur sa peau brûlée le faisait atrocement souffrir, plus encore que cette contraction sensiblement plus forte au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient interminablement.  

 

Puis une voix, faible, douce, goguenarde et au timbre malicieux vint interrompre ce douloureux silence.

 

- Cesse donc, Gorno. Relâche ce jeune homme, il ne me semble pas présenter de danger quelconque.

 

Helphias ne se rendit d’abord compte que de la douleur qui cessa, puis il prit conscience que sa situation et sa vie étaient entre les mains de l’individu qui venait d’apparaître. Lorsque le géant le déposa à terre et repartit dans les fins fonds des couloirs sombres des vestiges de la bibliothèque des rois, il se sentit plus soulagé que jamais. Il ne lui restait plus alors qu’à remercier son sauveur. Il s’agissait d’un individu grisonnant, mince et assez immense par la taille (il devait mesurer environ deux mètres). Sa barbe blanche et ses cheveux gris attachés en catogan derrière lui le faisaient paraître étonnamment moderne. Il était vêtu d’une longue cape couleur rouge cramoisi, ainsi que d’un fanion qui lui parcourait tout le long du dos. Le monocle qu’il portait à merveille lui donnait un certain charisme intellectuel. Il s’agissait de toute évidence de quelqu’un d’érudit, à en juger par la rudesse de ses mains écaillées, qui avaient certainement du toucher des milliers de livres et les dévorer un par un. Parfois,  un passe-temps peut devenir une obsession, quand cela devient la seule réalité à laquelle vous pouvez vous rattacher.

 

Cependant, malgré sa vieillesse toute relative, on parvenait à percevoir les affres d’une génération plus libérée que ses prédécesseurs. Une sorte d’espoir et de sincérité dans le regard qui ne trahissaient aucun doute : cet individu était bel et bien le gardien de ce lieu. Une présence providentielle, qui allait probablement aider Helphias à trouver ce qu’il cherchait.

 

- Désolé pour cet accueil quelque peu brutal. C’est que nous… n’avons pas l’habitude de recevoir de la visite depuis les derniers siècles. Personne, à part quelques uns, n’est censé savoir ou se trouve cet endroit. Cette bibliothèque est un temple silencieux, qui donne l’impression d’être vide. Mais elle ne l’est pas. De nombreux secrets se cachent ici, et vous y reviendrez sûrement au cours de votre vie. Vous semblez encore jeune. Pourquoi êtes vous venu en ces lieux ? Que cherchez vous ?

- Un livre. Je ne dois rien dire, je suis chargé de cette mission et moi seul peux en connaître l’objectif.

- Oh vous n’êtes pas venu pour que l’on vous raconte des histoires. Quel ouvrage pourrait bien vous servir… Pour un cours ? Je vois que vous semblez avoir beaucoup souffert, le feu semble avoir fait des ravages sur vous. Vous éprouvez une rancune tenace, un désir de vengeance démesuré, c’est pour cela que vous vous cachez dans des habits sombres. Vous n’avez rien à craindre de moi. Mon nom est Licanibus. Je suis le 237ème protecteur et homme de foi de cette bibliothèque. Beaucoup d’ouvrages furent écrits par mes prédécesseurs. Et je peux me vanter d’en avoir également rédigé quelques centaines. La solitude pousse à la contemplation, et les voyages aux découvertes. Toutes les découvertes de notre civilisation ne pouvaient pas être cachées ailleurs qu’ici. Les hommes ne sont pas censé trouver tout cela, ils ne sont surtout pas censé en connaître l’existence.

- Pourquoi ne pas nous révéler à eux ? Qu’avons-nous de différent ?

 

- « La beauté des divinités ruisselle sur leurs visages frêles

Il semble émaner d’eux l’aura d’un âge d’or incandescent

Tout un espoir que l’on contemple dans leur fierté universelle

Celle d’avoir pu survivre à l’un des plus majestueux tourments

Celle, enfin, d’être né humains tout en étant bien différent ». Ces paroles sont de l’un de mes glorieux ancêtres, Avenicus. Grand sage, grand homme de foi. Il n’en existe que très peu qui peuvent rivaliser de sa sagesse.

 

Helphias décela immédiatement l’honnêteté criante de cet être, son intelligence et sa prodigieuse perspicacité n’étaient là qu’au service de son aura.

 

- « Il ne vient pas à ceux qui cherchent la gloire mais ceux qui la méritent

Les vagabonds et les nomades qui par leur épée parleront

Pour qu’un jour un ancien adage, par leur grand acte ressuscite

Il n’est de plus grand soldat que celui du Necronomicon. », Dit il nonchalamment.

 

Helphias comprit qu’il ne servait plus à rien de se cacher désormais, il avait tout compris dès son arrivée. Mais il fut tout de même surpris de voir une expression de cruauté et de rage se dessiner sur le visage du vieil érudit.

-Je savais que ce jour viendrait. Tu ne le trouveras JAMAIS ! Éructa-il.

A ce moment précis, il sentit de nouveau son corps se faire soulever par la même force redoutable. Mais cette fois ci, la force était plus gigantesque encore, et la douleur devint très vite insupportable. Helphias, paralysé par la surprise et la peur, n’eut pas le temps de réagir. Il sentit ses os se broyer, entendit leur craquement. L’oxygène commençait à manquer. Et puis tout disparut.

 

-Montre toi, Raleigh. Je sais que tu es encore ici. Tu es là depuis le début.

 

Raleigh sortit de l’ombre, un sourire suranné et satisfait sur le visage. Il savait apparemment à l’avance ce qui allait se dérouler en ces murs.

 

- Les dernières poches de résistances se délitent, grand homme de foi. Et les jeunes de la dernière génération ne constituent en rien une force utile. Vous venez d’en avoir la preuve : il ne s’est pas défendu. Il n’a en rien protesté, il n’a causé de tort à personne. Il est totalement convaincu du bien fondé de sa mission, et bien trop naïf pour imaginer une seule seconde que des forces pourraient l’en empêcher.

- Sacrifier l’un d’entre nous pour prouver ta bonne foi… est ce là ce que l’on t’a appris au Conseil, Raleigh ?

- Quand les choses deviennent difficiles, des mesures s’imposent. Pas toujours celles que l’on voudrait. Mais on se doit pourtant de les exécuter.

- Comment te mettre en doute, maintenant que tu as accompli le pacte sacrificiel ? Une jeune âme est tombée. Tu as le droit de t’emparer du livre et de t’en servir comme bon te semble. Je fermerais les yeux.

- Si tu racontes cette histoire dans tes archives, il s’agira bien entendu d’un jeune effronté qui tente une insurrection pour s’emparer du livre à son propre compte, à des fins mercantiles.

- Tu en es le nouveau possesseur, dit l’érudit en lui tendant la relique. Maintenant, disparaît, avant que le doute de mes actes ne me submerge encore.

- Chaque époque à son aube, son âge d’or et son crépuscule. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, celle de la puissance, du prestige et des valeurs ancestrales. La société purulente qui est la notre va bientôt disparaître, et son autorité molle avec elle. Aerendel va tomber. Sache le.


Raleigh, le livre en main, s’en retourna comme il était venu, et d’un claquement sec, il disparut à son tour, soulevant un nuage de poussière qui se détacha d’une étagère.

 

- Pitié, faites que j’ai fait le bon choix, murmura le grand érudit.

 

Il se retrouvait à nouveau seul avec son garde du corps, mais quelque chose était différent. Helphias était là, déchiqueté et écrasé par la violence d’une main vigoureuse : celle de l’intérêt. Son sang s’écoulait sur le parterre de pierre, fin définitive d’un destin voué à servir l’ambition des autres. Il le laissa là, gisant à terre tel un morceau de chair vide, et partit vers le fond de l’immense centre d’archives. Il ne connaîtrait jamais son destin, ni celui qui allait être réservé à son peuple. Sans doute en était-il mieux ainsi. 

 

http://digital-art-gallery.com/oid/1/800x621_779_Troll_shaman_2d_fantasy_troll_wizard_picture_image_digital_art.jpg

 

 

R.B

Le 11/04/2012

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 15:50

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Chapitre 24 : Secrets souterrains


Il ne savait absolument pas où il se trouvait. La destination était programmée, certes, mais vers une destination aussi incertaine que son avenir. Le sol était froid au contact de ses pieds nus. Atour de lui, l’univers n’était que pénombre. Il avança de quelques pas, sa voix demeurant toujours dans le silence le plus total. Où se trouvait-il donc ? Quel était le but de tout ceci ? De ce voyage, de ces questions laissées sans réponses ? C’est alors qu’il sentit une longue main se poser sur son épaule. Il sursauta, se retourna prêt à se défendre contre une quelconque créature. Mais il ne s’agissait de personne d’autre que Raleigh. Il lui faisait signe d’avancer. Au bout de longues secondes à ne rien dire, un néant de mots fut brisé, et tout un monde de mystère s’écroula avec lui.

 


- Tu peux parler, Helphias. Nous sommes seuls. Personne ne connaît cet endroit à part quelques membres de l’Assemblée du Conseil triés sur le volet.

- Où sommes nous donc ?

- Regarde ces colonnes. Tout ce qui nous entoure n’est plus a la surface. Nous sommes dans l’entrée souterraine d’un endroit grandiose, détruit il y a des millénaires. Autrefois, il renfermait le savoir, la connaissance humaine du monde. Des milliers de pages et de mots se sont envolées avec sa destruction. Mais il existe bien un sous-sol. Une pièce que personne n’a jamais pu découvrir. Jusqu'à nous. Je te présente la dernière pièce souterraine restante de la bibliothèque d’Alexandrie.


En effet, elle était là. Dans ces vieilles pierres, sous ces piliers résidaient des milliers de pages, seuls témoins d’un héritage ancestral. Il y avait une odeur de poussière et de souvenir dans l’air. Helphias ne se serait jamais attendu à pouvoir un jour voir cet endroit de ses propres yeux. La lumière ne provenait que des trous dans la terre, qui révélaient qu’il y avait un jour eu un immense bâtiment à la surface. Une échelle de savoir incommensurable se tenait à portée de main, et sans doute le secret de cet endroit serait-il l’un des plus précieux jamais conservés.

 

- Vous voulez dire… LA bibliothèque ?

- Nous avons réussi à protéger les écrits concernant notre civilisation. Nous sommes ici pour tester la valeur de ton courage et de ta force. Avant de t’engager complètement dans la bataille et te révéler des choses que moi-même j’ignorais à ton âge, j’ai besoin de tester ta loyauté.  

- A quoi rime donc tout ceci ?

- Tu le sauras bien assez tôt. Connais tu un ouvrage du nom de Necronomicon ?

- Le livre qui invoque les morts ? Je sais que c’est une légende humaine.

- Tu es bien naïf. Le livre existe réellement. Il est caché ici même, parmi ces dizaines d’étagères entassées. Grâce à lui, nous pouvons rajouter une grande force à notre armée commune. Ils peuvent nous rejoindre. Tout ce que tu as à faire, c’est de le trouver et de me le rapporter.

- Mais le temps nous manque, vous l’avez dit vous-même. Et comment vais-je faire pour trouver un livre parmi autant ? C’est une tâche impossible !

- Nous devons encore nous préparer pour retourner à la Cité. Il nous faut ce livre, au cas où nous aurions à nous défendre. Ce sera toujours ça qu’Aerendel ne possèdera pas.

- Alors c’est pour cela. Tout ce chaos ne sert qu’à assouvir votre profond désir de puissance et de contrôle.

- Tu te trompes. Ce que je cherche à faire, c’est stopper son omniprésence. Aërendel est devenu mauvais avec le temps. Sa paranoïa ne fait qu’amplifier, de même que son désir de tout contrôler. Il n’a plus aucune limite. Ses idéaux sont arriérés, et lui-même sait qu’un jour ou l’autre il devra y renoncer. Mais il s’obstine car il a peur de ce qui pourrait advenir de lui s’il perdait sa force et sa voix auprès de notre peuple. Tout cela dure depuis beaucoup trop longtemps. Nous nous faisons persécuter, humilier. Nous devons sans cesse changer d’objectifs, pour ne pas que les hommes ne découvrent notre présence. Vivre caché n’a jamais été mon objectif. Je déteste les hommes simplement parce qu’ils n’ont laissé de chance à aucun d’entre nous.

- Comment puis-je savoir si oui ou non vous dites la vérité ? Vous avez bien réussi à duper tout votre petit monde, après tout. Alors pourquoi pas moi ?

- Parce que ce que je te dévoile là, ce sont mes vraies pensées. Mes vraies convictions. Celles que j’ai depuis toujours, et que je défends corps et âme. Mais la diplomatie n’est pas mon fort, je ne parviens jamais à me faire écouter des autres. Le conseil est trop paresseux et aveugle pour s’apercevoir qu’il s’enlise dans sa propre utopie. Il faut se rendre à l’évidence. L’âge d’or de notre puissance est révolu. Si nous voulons la retrouver, il faut nous battre. Et si nous voulons nous battre, il nous faut une armée. C’est pour cela que tu es ici. Maintenant, mets toi à la recherche de ce livre, nous n’avons pas beaucoup de temps.

- Comment puis je le trouver ?

- Il est noir. Aussi noir qu’une éclipse de lune. On dit qu’on entend murmurer les centaines de démons qu’il renferme lorsqu’on s’en rapproche. Il parle sa propre langue, étrangère à toute civilisation depuis le commencement des temps. Il dégage une aura de ténèbres. Quiconque le trouve et n’est pas assez puissant ni fiable pour le tenir dans ses mains meurt dans d’atroces souffrances et rejoint les démons qui y résident. Tu dois te montrer fort. Si tu es digne d’ouvrir le Necronomicon et d’entrevoir ses secrets, alors tu pourras te battre à mes côtés. Pas avant. Je dois partir. Il me reste beaucoup de choses à faire avant notre départ. Et souviens toi. Si tu choisis de faire partie de ce voyage, il se peut fortement qu’il n’y ait aucun choix de retour. Une dernière chose. Quelque chose de puissant ère dans ces immenses couloirs sombres. On dit qu’il est aveugle, mais son ouie lui permet de se déplacer parfaitement dans le noir. Je te conseille donc de te déplacer rapidement et surtout d’être silencieux.

 

En un éclair, aussi rapidement qu’il était apparu, Raleigh s’évanouit dans un grondement sourd. C’est alors qu’Helphias entendit un grognement. Un cri si puissant qu’il faillit lui percer les tympans. Il marcha quelques pas, encore terrifié par ce qu’il venait d’entendre. Lorsqu’il contourna l’angle de ce qu’il croyait être un mur mais qui était en fait une immense étagère, il comprit l’ampleur et la difficulté de sa tâche. Un long couloir, large. Des deux côtés, des livres. Des livres qui s’étendaient sur des centaines de mètres. De chaque côté, une longue rangée de torches. Depuis combien de temps brûlaient-elles ? Dieu seul le savait.

 

Prudemment et le plus silencieusement possible, il en décrocha une de son socle. Se faire plus silencieux que le silence lui-même allait être une épreuve, et pourtant au fond de lui-même il se sentait prêt à l’affronter. Il sentait tout le poids de la responsabilité de sa mission peser lourdement sur ses épaules encore jeunes. Qui pouvait l’aider dans ces cas là à part lui-même ? Personne. Il allait apprendre toute l’ampleur du mot solitude. Retranché dans cette forteresse d’encre et de parchemins, il cessa de respirer quelques secondes et il écouta.

Il l’entendait. Très faiblement, mais son ouïe était tout de même bien supérieure à la normale. Comme un murmure, des cris minuscules répercutés en écho dans les murs et les étagères.

*

Il sentait une respiration qui n’était pas la sienne. Elle était lancinante, profonde et grave. Il resta sans bouger pendant quelques secondes, jusqu'à ce qu’un gluant filet de bave ne vienne s’échouer le long de son dos. Depuis combien de temps se trouvait-il ici ? Il ne savait pas.

Mais ce qu’il n’ignorait pas en revanche, c’était que quelque chose était là. Et que ce quelque chose était bien décidé à jouer avec sa nouvelle proie. Il n’eût pas le temps de réagir lorsqu’une gigantesque patte l’empoigna et le souleva dans les airs.

 

Pourtant, son heure n’était pas encore venue. 

 

A Suivre... 

R.B

Le 08/04/2012

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 23:39

 

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Chapitre 23

Troublante présence

 


La peur était palpable. Tout un tas de questions restaient encore sans réponses. Qu’est ce qui avait survécu dans cet endroit ? Quels dangers allait-il falloir encore affronter pour le traverser ? Tous les peuples et les habitants qui y résidaient étaient-ils pacifiques ? Ethan était bel et bien capable de se défendre, mais ce n’était pas pour autant qu’il utilisait la force à tout bout de champ. La société dans laquelle il vivait, bien qu’en partie despotique, lui avait appris à utiliser sa force avec parcimonie. Il en résultait une énigme, qu’il n’était pas encore prêt à résoudre : il n’en mesurait que très faiblement l’étendue.

 

Bien qu’encore jeune, il avait réussi à tuer de sombres créatures mi humaines mi corbeaux, à se sortir d’une fin brûlante et mortelle, à s’échapper d’une séance du Conseil qui avait déjà fixé son sort bien avant qu’elle n’ait lieu, ou encore à neutraliser toute tentative de rébellion d’une tribu nomade toute entière rien que par cette force dont il ignorait encore la quasi-totalité. Il sentait pourtant, aussi vrai que ses bras et son cœur étaient remplis d’un désir et d’une puissance peu communs, le poids du remord l’accabler toujours un peu plus, quand à son ami Helphias pour lequel il n’avait rien pu faire. La simple idée que le pauvre bougre ait du souffrir, et tout cela pour les idées d’une seule frange extrémiste du pouvoir en place, il n’arrivait pas à le supporter. C’était faire face à une feuille blanche remplie d’encre d’un noir de jais, qu’on ne pouvait pas effacer même avec la meilleure volonté. La jeunesse a cela de bénéfique qu’elle est encore vierge de toute désillusion.

 

C’est lorsque celles-ci apparaissent que l’enfance est bel et bien terminée. Bien trop visible et repérable lorsqu’il était transformé, Ethan avait choisi de marcher. Ou plutôt de courir. Ses jambes avaient une capacité supérieure à des jambes normales, il s’en était bien vite aperçu lors des entraînements militaires. Mais lorsque le souffle commençait à lui manquer, il pensait à tout ce qui dépendait de lui et de sa réussite, et tout l’espoir et la verve d’antan lui revenaient en mémoire et pénétraient son corps comme l’esprit d’une force immense : celle de ses convictions. Qu’étaient elles au fond, sinon ce qui le faisait tenir debout, encore et encore, sans jamais flancher. Intrinsèquement, tout en sachant qu’il allait vers l’inconnu, il savait tout de même ou se situait son objectif.

 

Comme toutes les légendes qu’il avait lu dans les ouvrages ancestraux, il n’ignorait pas qu’une parmi toutes les autres pourrait lui permettre d’atteindre la victoire, et de devenir plus fort que jamais. Peut être était-il capable de renverser un régime tout entier, non pas simplement par la force mais aussi par la foi et les idéaux. Mais pour cela, il fallait d’abord réunir une armée. Et une armée ne se construisait pas en un jour. Ni en. Autour, le monde bougeait. Les saisons, tout comme la nature, changeaient, répétant leur cycle annuel incessant, seul repère au nomade qu’il était devenu. Une saison s’était écoulée depuis son départ, et la froideur de l’hiver était maintenant bien plus intense encore que lors de son arrêt dans les hauteurs de la forêt. Il était Gilgamesh, ce mythe de la civilisation sumérienne qui affrontait les tourments d’une forêt magique et mystérieuse. Soudain, la réalité resituèrent ses pensées dans le présent qu’il était en train de vivre.

 

Une ombre. Furtive. Noire. Secrète. Il l’avait vue se faufiler entre les troncs gigantesques. Ses pupilles se dilatèrent. Tel un chasseur, il attendait une proie invisible, et sans doute redoutablement retorse, car ayant passé des années dans un milieu particulièrement difficile d’accès. Elle bougeait, se rapprochait, passait d’arbre en arbre. C’était une évidence. Il fallait redoubler de vigilance. Surtout pas un son, pas un craquement. Aucun bruit ou manifestation qui pourrait effrayer cet hôte du néant. L’air devint de plus en plus froid, tout d’un coup. Le ciel était invisible, pourtant la couleur des alentours se noircit en un instant. C’était un sentiment qu’Ethan avait déjà rencontré auparavant. Lorsque son champ de vision s’était rétréci, que son cœur s’était mis à battre à tout rompre, que son univers était chamboulé et que sa survie ne tenait qu’à un fil. Ce sentiment qu’on appelait la terreur.

 

Les branches des arbres se transformaient en gigantesques bras crochus prêts à le happer dans leurs cimes, il cédait à la panique de l’inconnu. Les odeurs n’avaient pas la même qualité. Ses narines devinrent imperméables à toute sensation, de même que sa langue et les pores de sa peau faite de sueurs froides. Il se sentait basculer dans un vide abyssal et terrifiant. Et puis des images revinrent dans sa tête. Des images de tout ce qu’il aurait pu vivre s’il avait su se contrôler. S’il s’était montré plus fort qu’il ne l’était. Et il vainquit sa peur, pour la première fois de son existence. C’était un sentiment libérateur, gratifiant et spectaculairement revigorant. Les herbes touffues retrouvaient leurs couleurs. On entendait de nouveau le champ des oiseaux. Tout n’avait duré qu’un instant, un instant qui s’était allongé sur des années. Mais cela ne réglait pas tous les problèmes : la chose était toujours là, et elle épiait ses moindres faits et gestes. Ethan restait là, sans bouger, attendant le moindre soubresaut, le moindre cri comme une rédemption, un signal pour l’inciter à se manifester. Mais cela faisait déjà 2 longues minutes que rien ne se produisait, que la situation restait la même, sans vouloir se débloquer. De nouveau, il revécut cette attente interminable.

 

Celle ou le temps forme comme un creux. Jusqu'à ce que l’ombre ne se multiplie et passe devant lui comme s’il n’avait jamais existé. Un troupeau de cerfs. Sans commune mesure, le soulagement qu’il ressentit à ce moment là lui révéla la plus terrible des réalités : il était aussi vulnérable qu’un enfant, un enfant qui n’avait jamais quitté le nid si ce n’est en présence et sous la haute surveillance de son père. Il n’était pas en mesure de mesurer toute l’étendue de ses pouvoirs, ni des dangers du monde qui l’entourait. Ce dont il était sûr depuis quelques secondes, en revanche, c’était que cette forêt présentait une anomalie. Une anomalie qu’il avait déjà vue dans le camp des nomades. Une anomalie qui l’avait suivi pendant quasiment toute la durée de son voyage dans la forêt. Un battement d’ailes. Aussi infime qu’une brise du vent automnal, mais plus fort que celui d’un insecte. Il bougeait tout autour, en croyant que personne ne l’avait remarqué.

 

C’était peut être invisible et camouflé, mais on pouvait l’entendre. On pouvait sentir sa présence minuscule, ses déplacements furtifs et rapides dans l’air. Ethan attendit que la résonance du battement d’ailes soit suffisamment proche pour pouvoir tendre la main, faisant mine d’attraper quelque chose au vol. Mais la chose avait été plus rapide. Ethan commençait à deviner de quoi il s’agissait. Maligne, la créature avait réussi à lui échapper une première fois. Il écouta, et entendit les petites ailettes se perdre dans le lointain. Il se mit à courir. Courir de plus en plus vite. Si vite que l’air commençait à manquer. Puis il décolla du sol, et ses yeux devinrent comme des lames qui voient tout ce qui les entourent, même ce qui est censé être totalement hermétique à une vision normale.

 

Il la rattrapa et l’emprisonna dans ses serres, sans faire preuve d’aucune violence. Le choc au sol fut un peu plus brutal. Mais il la tenait. Il leva le pied qui menaçait de l’écraser et la prit dans ses mains. Elle était vulnérable. Bien qu’un peu blessée, elle était toujours pleine et entière. Son minuscule nez retroussé, ses yeux effrayés par une si grande menace et encore abasourdie qu’on ait réussi à s’apercevoir de sa présence. Nous n’étions aucunement dans le Dartmoor. Ni dans aucun autre lieu qui aurait pu justifier sa présence. Mais elle avait été bannie, elle aussi. Ses petites ailes argentées se mêlaient à la blancheur de sa minuscule tunique. Pourtant, Ethan sut tout de suite qu’il s’agissait d’une créature à très grand pouvoir. Un pouvoir qui pouvait être décisif. Rien de moins qu’un être multiple, aussi différentes que le nombre de civilisation et l’interprétation qu’ils ont faits d’elle au fil des millénaires.

 

Décidément, cette forêt recelait bien des surprises, et ce n’était pas cette fée qui dirait le contraire.

 

R.B

Le 03/04/2012

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 14:49

 

 

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Chapitre 22 : Bataille dans l'automne éternel


 

-      Arrêtez ! Allez vous-en ! Laissez les donc tranquilles.

 

La nuée s’écarta lourdement de Demius et de Relinka. Ceux-ci furent bien surpris de ne pas voir arriver le moment ou les créatures auraient fondu sur eux. Toute la frustration accumulée leur aurait certainement permis de se défendre. Mais ils n’en firent rien. Ils laissèrent le néant s’installer entre eux et cette mystérieuse voix qui s’était emparé de leur esprit. Elle était rauque, grave et envoûtante en même temps. Il semblait en émaner un désir et une force farouches. Lorsqu’ils rouvrirent les yeux, ce fut pour voir un être gigantesque, qui devait bien mesurer deux mètres au bas mot. Il se tenait devant eux, et pourtant on ne pouvait voir son visage, encapuchonné et sombre. Il portait une immense cape d’un noir prodigieux.

 

Tandis qu’il avançait encore d’un pas, ses deux bottes, lourdes et emplies de chaînes, semblaient ne faire qu’un avec lui. Mais ce qui était sans doute le plus inexplicablement envoûtant, c’était sans doute ces gigantesques ailes blanches, qui s’étendaient de part et d’autre de son dos. Elles semblaient totalement symétriques, répondant à une mystérieuse loi de la gravité. Elles ne bougeaient guère, pourtant il ne pouvait les cacher de la vue d’autrui. Juste en dessous volaient deux rubans noirs, sans doute sortis de sa toge. Il avait une ceinture en flanelle, recouverte d’inscription d’un langage jusqu’alors inconnu. Tel un puissant seigneur, le haut de sa toge était relevé en pointes, et il tenait à la main rien de moins qu’une lame, gracieuse et agile qu’il faisait tournoyer dans l’air, en attente de son propre jugement. Enfin, il porta son regard inexistant sur les deux étrangers et prit la parole.

 

- Vous ne devriez pas être ici.

 

Il parla avec une voix tellement grave qu’elle eût l’air de sortir d’outre tombe.

 

- Les terres d’Octobre ne sont pas ouvertes aux étrangers.

- Alors il existe, chuchota Relinka à Demius. L’automne éternel. Regarde.

 

Tout autour d’eux se dessinait le parfait décor automnal : indépendant, capricieux et fragile. Les arbres étaient simplement dépareillés de leur verdure, et des milliers de feuilles couleur sépia, orangées, rouges, jaunes, dansaient dans le vent et au sol. Elles tournoyaient autour d’eux, définissant quasiment les limites de cet univers si singulier.

 

La gigantesque maison de pierre derrière eux devait être le trône de ce roi qui régnait en maître sur ce paysage délabré. Pour eux le monde n’était pas vieillissant : il était pareil chaque jour. Alors que dans le royaume de Morphée, c’était les souvenirs qui se transformaient en existence, ici la constante était différente. Toute une vie, des dizaines de milliers de vie sous le même ciel, dans la même saison qui ne s’arrêterait jamais.

 

- Que voulez vous ?

- Atteindre l’autre côté. Nous ne vous ferons aucun mal.

- Vous… dit il en désignant Demius de son épée. Je connais votre sang. Je le respire. Je l’ai déjà fait couler. Vous êtes de la famille de cette immonde créature qui a tué deux de mes précieux soldats ? Un aigle…

- Vous avez rencontré Ethan ? Où est-il ? cria Demius par mégarde, encore trop contrôlé par ses émotions.

- Aujourd’hui vous allez remplacer les pertes. Vous allez nous rejoindre.Tuez les ! cria le seigneur.

 

Soudain, la nuée de corbeaux revint. Demius sut que s’il ne se défendait pas, c’était la fin pour eux deux. A jamais. Ses yeux devinrent aussi sombres que la peau des créatures. Et c’est alors que pour la première fois dans l’existence de ce monde, le ciel s’assombrit. De lourds nuages chargés vinrent s’abattre. La rencontre de l’air froid et de l’air chaud. Des pics de glace tombèrent littéralement du ciel et allèrent transpercer les monstres et leurs noirs desseins. Alors qu’il voyait la débandade se former sous ses yeux, et des soldats mourir les uns après les autres par cet élan glacial totalement surnaturel, le Seigneur entrepris de prendre la fuite. Ses deux ailes colossales commencèrent à s’agiter, tandis que Relinka courrait vers lui. Elle atteignit une frontière : les nuages étaient toujours là, mais les stalagmites s’étaient transformés en gouttes de pluie.

 

Elle était torrentielle, et on distinguait mal les alentours. Elle réussit juste à temps à s’accrocher au dos du géant, et celui-ci s’envola violemment vers les hauteurs. Il tenta de la déloger à l’aide de son épée. Relinka résista. Mais la créature avait plus d’un pouvoir à sa disposition. Alors qu’il réussit à lui attraper la main, ses ongles devinrent redoutablement pointus en quelques secondes. D’un geste sec, il lui trancha la main. Tordue par la douleur, Relinka finit par lâcher prise. Tandis qu’elle voyait le monstre s’éloigner toujours plus haut sous les torrents de pluie, elle chutait de plus en plus bas et allait certainement s’écraser sur la terre ferme. Aucun espoir de sauver la situation. Elle savait faire bien des choses, mais pas voler. Le choc fut terrible. Violent. Brutal. Mais lorsqu’elle crut sa vie définitivement terminée, elle s’aperçut qu’elle pouvait encore ouvrir les yeux. Lorsqu’elle essaya de respirer, un liquide pénétra violemment dans sa gorge, et elle le recracha. C’était de l’eau.

 

Elle vit de la lumière à la surface, et lorsqu’elle remonta, c’était pour voir un spectacle prodigieux : des centaines de corps d’oiseaux flottaient à la surface, et Demius nageait vers elle, en appelant son nom. Lorsqu’il l’eut atteint, il la prit par le bras et ils sortirent brusquement de l’océan qui avait à présent tout recouvert. Relinka en sécurité sur ses épaules, Demius entama sa transformation de manière extrêmement rapide. En quelques instants à peine, il était devenu le ptérodactyle le plus gigantesque qu’on ait jamais vu. Relinka, encore impressionnée, lui fit cependant part de son idée.


- Si nous pouvons le rattraper, je me charge de lui. Laisse moi l’atteindre, tu dois voler assez prêt !


Ils entraperçurent une forme, d’abord minuscule, puis de plus en plus grande. Mais le Seigneur était malin. Il s’arrêta brusquement dans son ascension, si bien que Demius et Relinka finirent par se retrouver devant lui sans s’en être rendu compte. La main droite coupée de Relinka la faisait atrocement souffrir, mais elle devait être plus forte, elle devait montrer qu’elle était capable de faire honneur à la deuxième chance qu’on lui avait laissée.

 

Lorsqu’il se rapprocha d’eux assez prêt pour pouvoir frappé, il sembla décontenancé. Son épée n’était plus sous son contrôle, elle bougeait désormais toute seule. Aussi violemment que possible, elle frappa d’abord son aile gauche. Celle-ci se brisa en un craquement, et la créature hurla, transperçant l’air de son désespoir meurtrier. Mais elle n’eut pas le temps de riposter que déjà, la lame fauchait son aile droite.


- Le maléfice ! Dissipe le maléfice !

 

Les nuages disparurent pour laisser place à un rayon de soleil qui perça le ciel. Dans ce halo de lumière quasi divine, ils virent le Seigneur tomber en hurlant, et l’épée juste au dessus de lui, le bout de la lame tranchante prête à le frapper dès qu’il atteindrait le sol. Demius et Relinka s’arrêtèrent, tandis qu’ils apercevaient déjà la limite de se monde tout en hauteur. Ils entendirent un cri plus violent encore que ce qu’ils auraient un jour cru entendre ; Ils entamèrent leur descente, et lorsqu’ils percèrent à nouveau l’écran des nuages blancs et paisibles, ce fut pour voir ce spectacle à nul autre semblable. 

 

L’épée s’était logée directement dans la tête de la créature, qui gisait sur un sol froid et dur. L’océan, de même que l’âme de cet endroit, semblait avoir disparus avec lui. Demius redevint celui qu’il avait toujours été, et déposa sa protégée au sol, devant la dépouille de ce roi jadis vénéré. D’autres créatures les attendaient. Des soldats, fidèles à leur roi qu’ils venaient maintenant de perdre. Ils se rassemblaient, toujours plus nombreux, devant la fin de leur règne. Ils n’étaient plus de vulgaires oiseaux mais des êtres encapuchonnés tout de noir vêtus. La couleur du deuil semblait bien leur convenir. Demius s’avança vers eux, solennel, digne d’un chef de guerre qui avait gagné une bataille et signait le cessez le feu avec ses ennemis.

 

- Nous aurions voulu être pacifiques, mais votre roi ne nous l’a pas permis. Il en a subi les conséquences.

 

Relinka, prostrée derrière lui, observait le spectacle, d’une étonnante diplomatie. Les autres n’osaient pas bouger, ils attendaient que leur nemesis ait enfin fini de parler.

 

- C’est terminé. Montrez nous le chemin et nous vous laisserons en paix.

- La sortie vers l’autre monde est dans la salle du trône, dans le manoir. Il y a des pièges, mais vous parviendrez à les éviter. Maintenant, laissez nous faire notre deuil. Partez d’ici.

 

Tandis qu’ils se dirigeaient vers le manoir, Relinka, que la douleur commençait sérieusement à submerger, ne put cependant s’empêcher de questionner Demius sur ce qui venait de se produire.

 

- Nos peuples se sont déjà rencontrés. Ils se sont toujours haïs. Ces êtres là ne sont que des charognards. Je suis désolé pour ta blessure. On pourra la cicatriser, mais pas te rendre ta main. Tu l’as perdue, définitivement. Nous nous établirons dans le manoir lorsqu’il sera sûr qu’aucun nouveau danger ne nous guette, afin de fixer la suite des évènements. C’est là que l’on te prodiguera les soins régénérant. Maintenant marchons, le temps est précieux.

 

Devant eux, à quelques mètres, se dressait l’étonnante bâtisse, qui recélait sans doute des monstrueux secrets en son sein. Derrière eux, le corps du seigneur avait déjà été mis en terre. Les créatures se tenaient autour de la tombe. Là, dans ce champ de terre désolée, juste au dessus de la dépouille avait été construit, planté sur un bâton, un être connu de tous. Tendant les bras en signes de croix, vêtu d’une parure noire en guenilles, et d’une tête mystérieusement encapuchonnée trônait fièrement un épouvantail, symbole de deuil dans cet endroit reculé. Il allait falloir bien des automnes pour se reconstruire.

 

Le chemin était encore long, mais le soleil semblait bien vouloir rester. 

 

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R.B

Le 28/03/2012

 

 

 

 

 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:24

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Les mythes sont connus pour être de tradition orale. Pourtant, certains ont été forgés dans les pages d'un livre. Un livre fantasmé, inventé, vénéré, décrié. Un livre qui pourrait contenir, tel une boite de Pandore, tous les maux du monde. Les secrets des anciens Dieux comme des rituels de magie ou de sorcellerie. Ce livre là aura son importance dans le mythe d'INITIUM. Autant vous présenter le texte d'origine de la grande bibliothèque du Conseil relatant l'existance de ce texte sacré pour qui des milliers d'hommes en quête de gloire ont péri. La naissance de la légende du NECRONOMICON est maintenant entre vos mains. 

 

 

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Ou l’on apprend l’existence d’un ouvrage maudit

 

Chaque guerrier eut son épée, chaque héros son aventure

Il existe aujourd’hui, dit-on, dans le vieux site d’Alexandrie

Une bibliothèque secrète qui recèlerait en ses murs

Un livre comptant chaque fait que ces figures eurent accompli

 

Il se transmet de siècles en siècles sans sauter de génération

Il fait état de guerres sanglantes qui précèdent les temps de paix

Depuis la naissance du monde, il illustra tous les grands noms

Qui accomplirent un exploit avant de mourir vénérés.

 

Des frontières de l’Empire Perse jusqu’aux confins de l’Orient

Des milliers de soldats moururent pour la gloire éternelle d’un seul

Dont le portrait demeurerait dans ces pages au-delà du temps

Magie millénaire formant une légende autour d’un linceul

 

Bien des hommes en quête de gloire cherchèrent ce précieux tribut

Pour y inscrire à leur tour leur nom en lettre honorifiques

Mais jamais aucun de ceux qui voulurent s’en emparer n’ont pu

Et les superstitions achevèrent de le transformer en relique

 

Il ne vient pas à ceux qui cherchent la gloire mais ceux qui la méritent

Les vagabonds et les nomades qui par leur épée parleront

Pour qu’un jour un ancien adage, par leur grand acte ressuscite

"Il n’est pas de plus grand soldat que ceux du Necronomicon."

 

Car ces soldats morts au combat errent encore dans les contrées

Ils ont en commun tout le sang versé pour leur juste parure

Un livre de l’apocalypse censé un jour annihiler

D’un seul instant bien fatidique, tout le poids de leur démesure.

 

Palembra, homme d’esprit

Année Décleptre

Cycle Necronomicon verset 1

 

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 22:19

Pour être à la page niveau littérature, j'ai décidé de consacrer cette chronique littéraire à un auteur que j'affectionne tout particulièrement depuis 2010, date à laquelle il sortait son premier roman. Mais Il est de retour, plus roublard et diabolique que jamais. Son second roman réussira t-il à égaler le premier, ou n'est-il qu'une amère déception ? Critique.  

 

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"Le Tribunal des Ames"

Donato Carrisi

Avez-vous jamais été fasciné par un personnage si diabolique qu’il paraît être le mal lui-même mais auquel vous vous attachez pour les mêmes raisons ? Hannibal Lecter, enfanté par Thomas Harris. Michael Myers par John Carpenter. Freddy par Wes Craven. La tueuse de Basic Instinct. Le cinéma, comme la littérature, savent parfois créer des êtres cauchemardesques, qui reflètent les peurs et les angoisses d’une génération de lecteurs. Il y a deux ans, j’ouvrais un livre. Un de ces fameux polars dont la couverture vente les mérites. Comme tant d’autres, je m’attendais à quelque chose de peu surprenant, juste une intrigue pour me détendre. J’appris durant ces deux jours intenses, à faire la connaissance du premier tueur subliminal de tous les temps, un tueur dont la littérature, espérais-je, se souviendrais longtemps.

 

Souvenez vous, j’en avais fait la critique il n’y a pas si longtemps. Diabolique et retors, « Le Chuchoteur » vous prenait aux tripes sans rien envier aux monstres du genre, et ne vous lâchait plus jusqu’à la dernière page, malgré quelques incohérences que les acharnés ont si tôt fait de remarquer. Aujourd’hui, c’est un best-seller. Un de ceux que l’on site en référence dans la catégorie polar. J’ai longtemps espéré une suite. Mais l’auteur est resté fidèle à lui-même : il a encore réussi à nous surprendre. C’est donc le mois dernier qu’est sorti son nouveau thriller aux éditions Calmann-Levy. Sauf qu’entre temps, les choses ont changé. Il est devenu l’auteur de polars italiens le plus vendu dans le monde, et ce rien qu’avec un seul roman, qui était également son tout premier. Méritait-il sa réputation ? Il faut bien avouer qu’en achetant ma copie du Tribunal des Ames chez mon libraire, j’avais peur que le fameux « coup d’éclat » ne retombe vite en un soufflé. La chance du débutant, ais-je pensé. J’ai évidemment eu tort.

 

Cette fois ci, l’intrigue a pour cadre Rome.

Rome, sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables. 
Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée. 
Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais cru à un accident. 
Leurs routes se croisent dans une église, devant un tableau du Caravage. Elles les mèneront à choisir entre la vengeance et le pardon, dans une ville qui bruisse encore de mille ans de crimes chuchotés au cœur du Vatican. À la frontière de la lumière et des ténèbres.

 

 

J’ai donc ouvert ce pavé de près de 500 pages, encore tremblant du choc que j’avais eu lors de la lecture du roman précédent. A vrai dire, l’espoir était bel et bien là. Celui de retrouver la même fourberie, le même sens du rythme. Première constatation, il s’agit là d’un thème qui est rarement posé dans les romans ou les films. Je dois même dire que je n’avais personnellement jamais entendu parler de ces pénitenciers, de cette police du Vatican qui agit dans l’ombre. Car il faut bien le dire, les romans de Carrisi, s’ils jouent sur le sensationnel, partent tout d’abord de postulats ou de faits partiellement réels. Cette unité a réellement existé, même si aujourd’hui elle a été dissoute. Je ne vais bien sûr pas trop en dire dans ces quelques lignes, et vous laisser la surprise intacte. Sachez cependant que l’intrigue est plus complexe que le roman précédent.

Les dossiers auxquels on est confronté s’enchaînent. On part d’une petite fille disparue pour remonter jusqu'à des cas bien différents mais qui ont en fait un seul point commun que le lecteur se défiera de deviner. Le passé des deux principaux protagonistes s’entrechoquent dans leur présent respectif, et les mènera inéluctablement à une rencontre à travers leurs recherches personnelles autant qu’a travers les affaires sur lesquelles ils enquêtent, qui vont déterminer leurs avenirs. Il n’y a pas une mise en bouche, une intrigue, une conclusion et un coupable dans ce livre. Ils sont plusieurs, ils sont liés sans l’être vraiment. Tout n’est encore une fois qu’apparats, que magie et illusion. Et elle marche à merveille. Le lecteur se trouve ainsi transporté sans temps morts dans une Rome fascinante, racontée comme un vrai personnage, spectateur du péché qu’il a lui-même enfanté, sur cette terre sacrée. Quoi de plus diabolique que de prendre ce lieu de culte pour y semer le mal ? Carrisi ne nous raconte pas seulement une histoire, il a cette capacité à nous transporter, à nous poignarder dans le dos au moment ou on s’y attend le moins. Comme le ferait un Wes Craven qui parodie ses propres films d’horreur dans la saga Scream.

Tous les fils se déplient, et on évolue dans un maelstrom sanglant et meurtrier jusqu'à ce qu’ils ne forment qu’un seul nœud, que tout soit enfin reconstitué et que la lumière divine de la solution nous éclaire, tout en restant dans l’ombre. Une écriture concise, poétique et pesée fait de Carrisi une valeur définitivement sûre, et un auteur à suivre de très près. « Le Tribunal des Ames » est un thriller comme il en existe rarement : haletant, d’une perversité et d’une finesse rare dans le genre. Sans jamais tomber dans le cliché, l’auteur écrit peu à peu la légende d’un nouveau tueur, aussi si ce n’est plus charismatique encore que le premier. Une véritable torture pour les nerfs, tant les coups de théâtre sont nombreux, tant ils sont complexes et en même temps si crédibles et réfléchis. Vous vous ferez une fois de plus manipuler, corseter, prendre à revers. Pour qu’au final l’auteur ne réussisse qu’a merveille le but qu’il s’était fixé et auquel vous vous attendiez en passant sa porte. Comme un assassin qui arrive toujours à ses fins.

Alors installez vous confortablement dans votre fauteuil, faites le vide et surtout n’ayez pas peur. Si vous tremblez, ce sera autant de terreur que de plaisir. 

 

 

"Le Tribunal des Ames" aux éditions calmann-lévy

Prix Public conseillé : 20,81 euros

"Le Chuchoteur" toujours disponible en poche aux éditions Le Livre de poche

Prix public conseille : 7,13 euros

R.B

Le 24/03/2012

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 12:37

Bonjour et excellent début de semaine à tous. Nous entrons dans un nouvel arc d'INITIUm, et le début de quelques révélations entrent désormais en scène. Tandis que Demius et Relinka reprennent l'aventure là ou nous les avions laissés (après avoir vaincu Morphée grâce à la levée de la malédiction sur Bloody Mary), tandis qu'un acteur de l'histoire va enfin découvrir son nouveau destin, et les origines ancestrales d'un combat qui le dépasse... Des révélations et un peu d'aventure vous attendent, alors si vous n'avez pas encore lu l'histoire et que vous commençez par là, remontez donc au début... 

 

 

http://images.toocharger.com/img/graphiques/fonds_d_ecran/nature__paysages/divers/nuit_etoilee.37010.jpg 

 


Helphias ouvrit les yeux. Il avait la désagréable sensation d’avoir été alité depuis des jours, et c’était d’ailleurs l’explication la plus probable au violent engourdissement qui s’était emparé de lui depuis son réveil soudain. Il était dans une pièce vide et sans éclat, faiblement éclairée par une lumière murale. Les murs qui la formaient étaient, quand à eux, dénués de tout ornement, et aucune fenêtre ne semblait vouloir venir éclairer la situation dans laquelle il se trouvait. Son visage à moitié carbonisé le faisait atrocement souffrir, mais beaucoup moins qu’avant. Du moins présumait-il qu’il y avait eu un avant. En effet, il lui semblait alarmant de ne pas se souvenir de ce qu’il avait fait les dernières heures, ou la journée d’avant, ou même plusieurs semaines avant cet instant. Tout paraissait comme flou, mélangé. Un élan de rage percuta son esprit de plein fouet, mais il ne put laisser libre cours à sa colère : elle avait semble-t’il tout dévasté, puisqu’il ne restait plus rien dans quoi frapper. Qui était-il réellement ? Et pourquoi son visage le faisait-il tant souffrir ? Il entendit des pas de l’autre côté de la porte.

 

Apparemment, quelqu’un s’était décidé à lui rendre visite.  Il ne put dire pour quelle raison, mais il n’éprouva aucune méfiance à cet instant. Il avait même hâte de connaître l’identité de son mystérieux visiteur. Celui-ci ne tarda pas à se dévoiler. Ensemble noir, chaussures en cuir si brillantes qu’on les voyait refléter le plafond comme une route sur laquelle on repérait leur avancement dans la pièce. Des yeux d’une noirceur là encore peu commune, un nez passablement crochu, et un sourire qui sonnait faux, pour autant qu’il ressemble à un sourire. Il connaissait cet homme. Mais il ne savait absolument rien de lui. Celui-ci se posta devant lui, debout. Helphias, assis sur le lit et encore abasourdi par tous ces évènements, comme un bébé qui viendrait au monde, attendait un signe. Une parole.


- Nous attendions avec impatiente ton réveil. Apparemment, tes blessures vont un peu mieux. Cela tombe bien, nous n’avons aucunement le temps d’attendre une seconde de plus.

- Attendez… Où suis-je ? Qui êtes vous ? Qu’est ce que vous me voulez ?


L’homme parut un instant décontenancé, puis émit un petit rire intérieur qui agaça Helphias au plus haut point.


- Mon nom importe peu. Ce que je représente, et ce que tu pourrais faire pour moi a beaucoup plus d’importance. Si tu es si curieux, j’estime avoir droit de te donner quelques réponses. Je me nomme Raleigh. Je suis exactement comme toi.

- Que voulez vous dire ?

- Nous ne sommes pas vraiment humains. Nous leur ressemblons, bien évidemment, mais sans vraiment en être. Nous avons la même apparence, à peu de choses prêt. Et ces choses ne peuvent pas se voir. Nous sommes d’une race, d’une civilisation et d’une époque bien supérieure à celle-ci.

- Alors ça veut dire que je suis… différent ?

-          Heureusement pour toi que tu l’es. Heureusement pour nous tous. Nous sommes censés avoir disparu depuis des siècles. Les hommes sont bien naïfs. Lorsqu’un esprit se manifeste et qu’ils croient aux fantômes, nous sommes là. Lorsqu’ils font des cauchemars si violents qu’ils semblent réels, nous sommes encore là. Pas pour les exterminer, mais pour veiller sur eux. Nous les surveillons comme des cibles ennemies. Et nous nous préparons pour qu’un jour, toute l’étendue de notre puissance se déverse sur leurs pauvres visages apeurés. C’est ce pourquoi nous vivons. C’est ce pourquoi tu t’es battu tout ce temps. Tu es un guerrier, comme nous, je l’ai tout de suite vu dans ton regard, lors de cette nuit fatidique. Cette nuit ou le feu t’a pris la moitié de ton visage. Moi aussi, j’ai du faire des sacrifices. Tout a commencé par une guerre entre nous et le peuple des hommes. Des millénaires nous ont séparés d’eux, et nous avons du reconstruire notre civilisation. Certains d’entre nous ont survécu à cette nuit décisive pour l’ensemble de notre peuple. Mais les hommes sont à nouveau en train de nous consumer. Leur manière de ne rien respecter, la pollution de leur air nous atteint chaque jour un peu plus et rend malade notre santé déjà très fragile. Bien que nous soyons une grande nation, nous avons besoin d’une quantité d’air supérieure pour vivre. Voila la raison pour laquelle nous habitons dans un monde que les humains ne peuvent pas atteindre. Ils sont très peu à avoir percé cette règle fondamentale de notre survie. Aujourd’hui, ils sont maudits. Nous devons à tout prix éviter une autre incursion. Tu avais un ami autrefois. Il s’appelait Ethan, fils de Demius. Mais il a choisi la voie de la déraison, contrairement à toi qui nous a rejoint ici. Helphias, tu es quelqu’un de puissant, mais tu ne connais pas encore toute l’étendue de ta force.

- Qui sommes nous ? Ou plutôt… Que sommes nous ?

- Chaque chose en son temps. Nous ne pouvons nous étendre sur des palabres aujourd’hui, ils nous attendent.

- Qui ça ?

- Les membres du Conseil. Tu en faisais partie, il n’y a pas si longtemps. Ta mémoire est fragile, mais elle va revenir dès que tu apercevras ces grandes portes de pierre. Hâtes toi, dans une heure, nous partirons.


Helphias attendit que celui qui se prénommait Raleigh s’en aille, traverse à nouveau la pièce et ferme la porte. Lorsqu’il la rouvrit quelques secondes plus tard, celui-ci avait disparu. A la place, il y avait une autre pièce qui ressemblait à un salon. Calme, paisible. Un fauteuil en cuir trônait juste à côté d’une cheminée dont l’âtre brûlait encore d’un feu ardent. Tout autour, une table sur laquelle était posée une nappe fleurie. La lumière de la lune filtrait à travers une fenêtre à double battants : la nuit était donc bien avancée. Il s’assit instinctivement dans le fauteuil. Tout semblait comme irréel. Son regard se perdit dans la danse ardente des flammes. Puis ils remarquèrent que quelque chose n’avait pas encore totalement brûlé. Une couverture, qui résistait encore un peu. Il approcha sa main du feu. Il ne sentait plus aucune douleur.

 

Il la rapprocha encore jusqu'à avoir la main en plein cœur des flammes. Avec effroi, il s’aperçut qu’il n’éprouvait toujours rien. Alors pour chasser cette vision de sa main en train de se consumer sans qu’il en ressente aucun effet, il attrapa la couverture à moitié calcinée. Seul le haut du bouquin, et le titre étaient encore visibles. Evidemment, toutes les pages étaient brûlées. Mais cette simple entrée en matière était tout sauf une coïncidence. « Les civilisations disparues ». Helphias remit ce qui restait du livre au feu. Il ne pouvait attendre que le matin vienne. Il cacha son corps sous une toge d’un noir de jais, et une longue capuche parachevait de lui donner cet air sinistre. Il ouvrit une deuxième porte. Celle-ci donnait vers l’extérieur.

 

Une immensité de champs vides. Le vent soufflait à travers la plaine, faisant danser les brins d’herbe. Comme mué par un instinct sauvage, il courut vers elle. D’abord lentement, puis à en perdre haleine. Ses pieds ne touchèrent bientôt plus le sol, et se transformèrent en serres. Une ombre noire dont le vêtement flottait au vent dansait dans le ciel nocturne. Au fur et à mesure de sa montée, il semblait de plus en plus lointain. Au détour d’une étrange sensation, d’un bref craquement, il disparut.

 

Le portail de Stonehenge avait donc été rouvert.

 

*

 

Lentement, Demius avançait. Pas à pas, et il semblait que Relinka, aussi fortes que soient ses convictions, ne se pressait pas beaucoup plus. Elle se retenait depuis longtemps maintenant de lui poser des questions qui la taraudaient. Lorsque sa langue ne sût plus tenir en place, elle les posa enfin.


- Morphée est puissante, mais elle ne peut changer les convictions. Pourquoi ne pas lui avoir résisté ?

- Je lui ai résisté. Mais les souvenirs étaient trop forts. Tu es encore jeune. Un jour, peut être, lorsque la majorité de ton existence se sera déjà déroulée sous tes yeux, tu comprendras peut être qu’elle est souvent l’instrument de ta plus grande torture.

- Qu’a tu vu, là bas ? Pourquoi avoir sacrifié Mary ?

- Nous n’aurions pas pu la sauver autrement que par ce procédé. Mary était une anomalie. Quoi que nous aurions fait pour elle, tout se serait soldé par un échec. Nous ne pouvons guérir les anomalies par notre seule force. Elle a pénétré chez nous, à notre insu. Elle a vu notre monde, elle l’a pollué de ses idées noires. Bannie à jamais, tel aurait été son sort si nous ne nous étions pas servi d’elle pour détruire le charme de Morphée. La mort gagne toujours sur la vie, même si celle-ci s’est déjà déroulée. Nous avons achevé le cycle. Quand à te dire ce que j’ai vu en ces terres, je ne peux pas. Tu ne comprendrais pas, et de plus, mes souvenirs sont la seule chose qui m’appartienne enc…

 

Tous deux firent le silence, étonnés par la vision qu’ils avaient désormais sur les choses. Des corbeaux. Des milliers de corbeaux qui leur tournaient autour. Ils étaient dans un champ mort depuis longtemps. En face d’eux, au loin, ce qui ressemblait plus que jamais à un manoir. Décrépi, vieilli, usé. Les feuilles d’automne couraient dans le vent, et se mélangeaient aux ailes noirâtres des créatures qui piaillaient.


Tout s’était déroulé très vite. C’était comme tourner la pager d’un livre de contes, pour découvrir une nouvelle histoire. Lorsque les corbeaux fondirent sur eux tels une nuée sauvage et ténébreuse, ils surent qu’une nouvelle épreuve les attendait. Et qu’elle serait sans doute encore plus dure à affronter que la précédente.

 

Puis le noir recouvrit tout. Leur corps, leur esprit, leurs cris. Jusqu'à s’insinuer dans leurs yeux.

 

A suivre… 

 

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